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LE DARSHAN DE NEEM KAROLI BABA |
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ans son livre, dont
suivent les extraits ci-dessous, Ram Dass - qui fut l'un des
premiers américains à faire connaître la
spiritualité indienne contemporaine dans les
années 60-70 dans son pays - nous parle de son
Maître, Neem Karoli Baba, que tous appelaient "
Maharajji " [Grand Roi] et qui était
exceptionnel. |
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" En 1967, je fis la
connaissance de mon Guru. Cette rencontre changea le cours
de mon existence car il me permit d'appréhender ma
vie en termes spirituels. Je découvris chez lui de
nouvelles perspectives de compassion, d'amour, de sagesse,
d'humour et de puissance, et ses actes élargirent ma
compréhension des possibilités de l'homme. Je
reconnus en lui une alliance de l'humain et du divin. |
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RENCONTRE DE L' ESPRIT |
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Ceux qui
rencontrèrent Maharajji ne furent pas tous " ouverts
" ou " éveillés " du premier coup. Nombreux
sont ceux qui, après avoir passé un moment
agréable, repartaient apparemment inchangés.
Ils donnaient l'impression de ne pas pouvoir " faire affaire
" avec Maharajji. Soit ils n'étaient pas prêts
à être touchés au tréfonds, soit
le véhicule du Guru ne leur convenait pas, ou bien
encore ce Guru ne devait pas être leur
Maître. |
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Mais il y avait parfois
loin entre le désir d'être avec Maharajji et la
réalité d'une rencontre effective à
cause de la nature du comportement de cet homme. Ses
déplacements étaient imprévisibles et
dès qu'il faisait halte à un endroit, ne
serait-ce que quelques jours, les gens se mettaient à
affluer du matin au soir de façon ininterrompue.
Certains venaient pieds nus de fermes toutes proches en
portant des bébés nus dans leurs bras ;
d'autres arrivaient en jet ou en taxi. |
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BIEN DES NIVEAUX | ET BIEN DES CHANGEMENTS |
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Quand vous finissiez par
arriver au bon endroit au moment opportun et qu'on vous
confirmait qu'il était bien là, quel effet
cela faisait-il de se retrouver assis devant lui ?
Même la langue des dieux et déesses de
l'élocution, de la musique et de la poésie ne
saurait le dire en termes appropriés. Et moi, donc,
comment le pourrais-je ? Comme les aveugles avec
l'éléphant, chaque dévot rencontrait un
Maharajji différent. |
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DES DARSHAN HORS DU TEMPS |
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Maharajji conseillait
souvent à ses dévots indiens de rester assis
en silence : de simplement s'asseoir, d'écouter et
absorber. Mais c'était difficile à
réaliser auprès de Maharajji car il
était au centre d'une pièce de
théâtre continue qui focalisait notre attention
: qui arrivait, qui s'en allait ; ce qu'ils disaient ; la
nourriture qu'on distribuait ; qui réussissait
à s'asseoir le plus près de lui ; sa
manière de procéder avec chacun ; ceux qu'il
caressait et ceux après qui il vociférait ; la
façon dont il bougeait sur le tucket. Un Indien nous
confia que ceux d'entre nous qui ne parlaient pas hindi
avaient de la chance car cela nous empêchait
d'être trop pris par le spectacle. Quand
régnait un peu de silence ou quand vous parveniez
à vous détacher du mélodrame, vous
pouviez alors baigner dans la grâce intemporelle de sa
présence. |
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DARSHAN D' INTIMITÉ |
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Pour d'autres ressort
surtout la précieuse intimité qui consiste
à éprouver la présence d'un autre
être au sein d'un espace commun, le soupir d'un amant
qui sait tout des replis de votre cur. |
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DARSHAN D' AMOUR |
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Tout l'amour, l'affection
et la bonté qui émanaient de Maharajji, un
simple mortel ne peut en offrir autant. |
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PARLER PENDANT LE DARSHAN |
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Pendant les darshan il
parlait, parlait sans retenue, à tort et à
travers. S'il injuriait quelqu'un, il criait tant et plus et
déblatérait indéfiniment. Mais il
entendait tout. Quelle intoxication ! Il avait un
comportement vraiment hors du sens commun. On aurait
vraiment dit un anormal qui racontait des sornettes,
débitait toutes sortes d'extravagances et
lançait aux gens des sottises. |
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RÉPRIMANDES ET ESPIÈGLERIES PENDANT LE DARSHAN |
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A quatre-vingts ans, l'un
des disciples de Maharajji était aussi alerte qu'un
chamois. Un jour il vint à son darshan alors qu'un de
ses jeunes parents éloignés s'y trouvait
aussi. Ce dernier s'inclina devant son aîné
mais tarda à se relever. Maharajji se tourna alors
vers le vieux disciple : " Si tu avais de l'argent, il se
relèverait plus vite pour te toucher les pieds !
" |
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PURETÉ DES DARSHAN |
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L'hiver 1971 il
commença à y avoir vraiment beaucoup de monde
et Maharajji demanda aux uns et aux autres d'aller
s'installer ailleurs. Il me dit d'aller à Puri. Il
ajouta qu'en revenant je pourrais passer voir Goenka,
instructeur bouddhiste connu qui enseignait la
méditation. Je sentais que j'avais vraiment besoin
d'apprendre à bien pratiquer la méditation et
je me suis donc rendu à Bodh Gaya. Les quarante jours
que dura mon séjour, j'eus l'esprit
extraordinairement dégagé. Je n'avais jamais
éprouvé pareille clarté. |
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TOUCHER SES PIEDS |
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" J'enlève la
poussière des pieds de lotus du Guru pour nettoyer le
miroir de mon esprit. " Ainsi débute une ode
sacrée à Hanuman. Toucher, tenir, masser les
pieds du Guru a toujours revêtu une profonde
signification dans la tradition hindoue. Car des pieds du
Guru provient l'élixir spirituel, le soma, le nectar,
l'essence du fleuve sacré qu'est le Gange le
subtil prana, ou énergie, qui guérit et
éveille. Toucher les pieds d'un tel être
n'équivaut pas seulement à recevoir cette
grâce mais représente aussi un acte de
soumission, de reddition à Dieu, car c'est ce que le
Guru représente sur terre. |
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PRENDS DU CHAÏ |
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" Prends du chaï
[thé]. |
