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NISARGADATTA  MAHARAJ

LE  DÉTACHEMENT



Que règne la paix et l'amour parmi tous les êtres de l'univers. OM Shanti, Shanti, Shanti.

"Expliquer et propager des concepts est chose aisée.
Mais lâcher, abandonner, tout concept est difficile et rare."



ISARGADATTA  :  Vous êtes tous trempés car il peut beaucoup aujourd‘hui. Dans mon monde, le temps est toujours au beau fixe. Il n'y fait ni nuit ni jour, ni chaud ni froid. Pas la moindre inquiétude, ni regrets ne m‘assaillent. Mon esprit est libre des pensées, car tous les désir dont l‘assouvissement me réduirait à l‘esclavage en sont absents.


Question : Est-ce qu'il existe deux mondes ?

Nisargadatta : Votre monde est transitoire, changeant. Mon monde est parfait, sans le moindre changement. Vous pouvez me dire ce que voulez concernant votre monde je vous écouterai attentivement, et même avec intérêt, cependant pas à un seul instant je n'oublie que votre monde n'existe pas ; que vous êtes en train de rêver.

Question : Qu'est-ce qui distingue votre monde du mien ?

Nisargadatta : Mon monde ne possède pas de caractéristiques par lesquelles on pourrait le définir. Vous ne pouvez rien en dire. Je suis mon monde. Mon monde est moi-même. Il est entier et parfait. Toutes les impressions sont effacées, chaque expérience est rejetée. Je n'ai besoin de rien, même pas de moi-même, car je ne puis perdre ce que je suis.

Question : Même pas de Dieu ?

Nisargadatta : Toutes ces idées et distinctions existent dans votre monde ; il n'existe rien de tel dans le mien. Mon monde est unique et très simple.

Question : Il ne s'y passe donc rien ?

Nisargadatta : Quel que soit ce qui se produit dans votre monde n'a de validité et ne demande une réponse qu‘en lui. Dans mon monde, il ne se passe rien.

Question : Le fait même que vous faites l'expérience de votre propre monde sous-entend la dualité propre à toute expérience.



Nisargadatta : Verbalement – oui. Mais vos paroles ne m'atteignent pas. Mon monde n'est pas un univers verbal. Dans votre monde, l'inexprimé n'existe pas ; dans le mien, les mots et leur contenu sont dénués de vie. Dans votre monde, rien n'est stable ; dans le mien – rien ne change. Mon monde est réel, alors que le vôtre est fait de rêves.

Question : Pourtant, nous avons une conversation.

Nisargadatta : Le dialogue appartient à votre monde. Dans le mien il règne le silence éternel. Mon silence chante, mon vide est plein, je ne manque de rien. Vous ne pouvez connaître mon monde tant que vous n'y êtes pas.

Question : Vous semblez être seul dans votre monde.

Nisargadatta : Comment pouvez-vous dire seul ou pas seul, quand les mots ne s'y rapportent pas ? Bien sûr que je suis seul, car je suis tout.

Question : Ne venez-vous jamais dans notre monde ?

Nisargadatta : Que signifient aller et venir pour moi ? À nouveau, ce sont des mots. Je suis. D'où puis-je venir et où pourrais-je aller ?

Question : En quoi votre monde m'est-il utile ?

Nisargadatta : Vous devriez observer votre monde de plus près, l'examiner de façon critique et, un jour vous vous retrouverez soudainement dans le mien.

Question : Qu'avons-nous à gagner en faisant cela ?

Nisargadatta : Vous ne gagnez rien. Vous n'emportez pas ce qui n'est pas vôtre et vous découvrez ce que vous n'avez jamais perdu – votre propre Être.

Question : Qui commande dans votre monde ?

Nisargadatta : Il n'est sous la gouvernance d'aucun dirigeant, et personne n'y est gouverné. Il n'est pas la moindre dualité. Vous ne faites que projeter vos propres idées. Vos Ecritures et vos dieux ne représentent rien ici.

Question : Vous possédez cependant un nom et une forme, vous faites preuve de conscience et d'activité.

Nisargadatta : C‘est l‘impression que je donne au sein de votre monde. Dans le mien, seul Être existe ; et rien d'autre. Vous autres ressentez de la richesse avec vos idées de possession, de quantité et de qualité. Je suis entièrement dénué d'idées.

Question : Mon monde est sujet au trouble, à la détresse et au désespoir. Vous semblez vivre avec des revenus cachés, alors que je dois trimer pour gagner ma vie.

Nisargadatta : Faites comme bon vous semble. Vous êtes libre de quitter votre monde pour rejoindre le mien.

Question : Comment faire la traversée ?

Nisargadatta : Voyez votre monde tel qu'il est, non pas comme vous l'imaginez. Le discernement mènera au détachement ; le détachement vous assurera d'agir de façon juste ; l'action juste construira le pont intérieur qui conduira vers votre Être véritable. L'action est une preuve de votre ferveur. Faites ce que l'on vous dit avec diligence et foi, et tous les obstacles s'évanouiront.

Question : Etes-vous heureux ?

Nisargadatta : Dans votre monde, je serais des plus malheureux. Se réveiller, manger, parler, dormir à nouveau – quelle barbe !

Question : Alors, vous ne voulez même pas vivre ?

Nisargadatta : Vivre, mourir – comme ce sont des mots dénués de sens ! Alors que vous me voyez en vie, je suis mort. Quand vous me pensez mort, je suis en vie. Vous êtes dans la confusion la plus totale !

Question : Ce que vous pouvez être indifférent ! Toutes les souffrances de notre monde sont telles un néant à vos yeux.

Nisargadatta : J'ai parfaitement conscience de vos problèmes.

Question : Alors, que faites-vous pour les soulager ?

Nisargadatta : Je n'ai pas besoin de faire quoi que ce soit. Ils vont et viennent.

Question : Disparaissent-ils rien qu'en leur accordant de l'attention ?

Nisargadatta : Oui. La difficulté peut être de nature physique, émotionnelle ou mentale ; mais elle est toujours individuelle. Les calamités à grande échelle sont la somme de destinées individuelles innombrables et prennent du temps à se résorber. Mais la mort n'est jamais une calamité !

Question : Même quand un homme est assassiné ?

Nisargadatta : La calamité est celle du tueur.

Question : Quand-même, deux mondes me semblent exister : le mien et le vôtre.

Nisargadatta : Le mien est réel, le vôtre est mental.

Question : Imaginez un rocher dans lequel il y a un trou où se trouve une grenouille. Disons que sa vie se déroule dans la félicité parfaite, sans distractions ni dérangements. Le monde continue à tourner à l'extérieur du rocher. Si la grenouille était au courant du monde extérieur, elle tiendrait ce propos : "Une telle chose n'existe pas. Mon monde est fait de paix et de félicité. Votre monde n'est qu'une structure en mots, il est sans existence." Il en va de même pour vous. Quand vous nous dites que notre monde n'existe tout bonnement pas, il n'y a pas de discussion possible. Ou, prenons un autre exemple. Je vais consulter un médecin pour des douleurs au ventre. Il m'ausculte et me dit : "Vous n'avez rien." "Mais, j'ai mal", lui dis-je. "Votre douleur est mentale", m'assure-t-il. Je dis : "Savoir que ma douleur est mentale ne m‘est d‘aucune aide. Vous êtes docteur, soignez cette douleur. Si vous n'en êtes pas capable, alors vous n'êtes pas mon médecin."

Nisargadatta :
Tout-à-fait juste.

Question : Vous avez construit les rails, mais sans pont, aucun train ne peut traverser. Veuillez construire le pont.

Nisargadatta : Il n‘est besoin d‘aucun pont.

Question : Quelque lien entre votre monde et le mien doit bien exister.

Nisargadatta : Aucun lien n'est nécessaire entre un monde réel et un monde imaginaire, car il ne peut pas y en avoir.

Question : Alors que pouvons-nous faire ?

Nisargadatta : Examinez votre monde, appliquez-vous à cette observation de tout votre esprit, examinez-le de manière critique, inspectez attentivement chaque idée le concernant ; cela suffira.

Question : Le monde est trop grand pour ce genre d'investigation. Tout ce que je sais, c'est que j‘existe, le monde existe, le monde me cause des problèmes et je lui en cause également.

Nisargadatta : Dans mon expérience, tout est félicité. Mais le désir de félicité crée la souffrance. Ainsi, la félicité devient le germe de la souffrance. L'univers entier de la souffrance nait du désir. Abandonnez l'aspiration au plaisir et vous ne saurez même pas ce qu'est la souffrance.

Question : Pourquoi le plaisir doit-il être le germe de la souffrance ?

Nisargadatta : Parce que vous commettez de nombreux péchés au nom du plaisir. Et les fruits du péché sont la souffrance et la douleur.

Question : D'après vous, le monde ne nous est pas utile – il n'est que tribulation. Je ne le ressens pas ainsi. Dieu n'est pas si insensé. Le monde m'apparaît comme une grande entreprise dont le but est de transformer le potentiel en actuel, le matériel en vivant, l'inconscient en pleine conscience. Pour réaliser le Suprême il nous faut l'expérience des contraires. De la même façon que pour construire un temple nous devons avoir des pierres et du mortier, du bois et du fer, du verre et des tuiles ; pour transformer l'homme en sage divin, en Maître sur la vie et la mort, il nous faut le matériau de chaque expérience. Tout comme la femme se rend au marché, achète toutes sortes de provisions, rentre à la maison, fait la cuisine, cuit des gâteaux et nourrit son seigneur, nous nous cuisons nous-mêmes à point dans le feu de la vie et nourrissons notre Dieu.

Nisargadatta : Bien, si c'est-ce que vous pensez, allez-y. Nourrissez alors votre Dieu.

Question : Un enfant va à l'école et apprend beaucoup de choses, qui plus tard ne lui serviront pas. Cependant, il grandit pendant tout ce processus d'apprentissage. Nous aussi, traversons un nombre incalculable d'expériences puis les oublions, mais tout du long, nous grandissons. Et qu'est-ce qu'un jnani, sinon un homme qui a du génie pour la réalité ? Ce monde, qui est mien, ne peut pas être fortuit. Il a un sens, il n'est pas sans dessein. Mon Dieu a un plan.

Nisargadatta : Si le monde est faux, alors le dessein et son créateur le sont également.

Question : À nouveau, vous déniez le monde. Il n'y a pas de pont entre nous.

Nisargadatta : Un pont n'est pas nécessaire. Votre erreur est de croire que vous êtes né. Vous n'êtes jamais né et jamais vous ne mourrez, mais vous croyez être né à une date particulière, en un lieu donné, et que ce corps-ci est le vôtre.

Question : Le monde est, je suis. Ce sont des faits.

Nisargadatta : Pourquoi vous inquiétez-vous du monde avant de vous occuper de vous-même ? Vous voulez sauver le monde, n'est-ce pas ? Pouvez-vous faire passer le salut du monde avant le vôtre ? Et que signifie être sauvé ? Sauvé de quoi ? De l'illusion. Le salut c'est voir les choses telles qu'elles sont. Je ne me perçois pas du tout comme étant lié à qui que ce soit, ni à quoi que ce soit. Même pas à un soi, quoi qu'il puisse être. Je demeure à jamais non défini. Je suis au-dedans et au-delà – intérieur et inaccessible.

Question : Comment y-êtes vous arrivé ?

Nisargadatta : Par la confiance en mon Guru. Il m'a dit : "Vous seul êtes", et je n'ai pas un seul instant douté de sa parole. Je n'ai fait qu'essayer de la comprendre, et cela, jusqu'à ce que je réalise combien elle était absolument véridique.

Question : La conviction par la répétition ?

Nisargadatta : Par la réalisation du Soi. Je me suis découvert être absolument conscient et heureux. J'ai vu que par erreur je pensais devoir l'être-conscience-félicité au corps et au monde des corps.

Question : Vous n'êtes pas un érudit. Vous n'avez pas beaucoup lu et ce que vous avez étudié, ou entendu dire, n‘était peut-être pas souvent contradictoire. J'ai, pour ma part, une grande érudition et j'ai beaucoup lu. Mes découvertes m'ont montré que les livres et les enseignants se contredisent à n'en plus finir. C'est pourquoi j'aborde tout ce que je lis et entends avec beaucoup d'hésitation. Ma première réaction est la suivante : "Il se peut qu'il en soit ainsi, mais peut-être pas." Comme mon esprit est incapable de juger de ce qui est vrai et de ce qui ne l'est pas, je reste dans le doute. Dans le yoga, un esprit en proie au doute est un grand inconvénient.

Nisargadatta : Je suis heureux de vous l'entendre dire ; mais mon Guru m'a aussi enseigné à douter – de tout et de façon absolue. Il m'a dit : "N'accorde pas la moindre existence à quoi ce soit, sauf à ton propre Être." C'est par désir que vous avez créé le monde avec son lot de souffrances et de plaisirs.

Question : Doit-il être également pénible ?

Nisargadatta : Comment peut-il en être autrement ? Le plaisir est limité et transitoire par nature. Le désir naît de la douleur, dans la douleur il recherche l'accomplissement et il trouve sa fin dans la souffrance de la frustration et du désespoir. L'affliction est l'arrière-plan du plaisir, toute quête de plaisir naît dans la douleur et prend fin dans la douleur.

Question : Ce que vous dites est très clair pour moi. Mais quand il m'arrive quelque trouble d'ordre physique ou mental, mon esprit devient morose et s'assombrit, ou encore, il se met en quête d'un soulagement de manière effrénée.

Nisargadatta : Et alors ? C'est l'esprit qui vit la morosité ou l'agitation, pas vous. Regardez, toutes sortes de choses se passent dans cette pièce. Sont-elles de mon fait ? Elles se produisent d'elles-mêmes. Il en est de même en vous – le rouleau de la destiné se déploie et actualise l'inévitable. Vous ne pouvez pas changer le cours des choses, mais vous pouvez changer votre attitude, et ce qui compte vraiment, c'est l'attitude et non le seul évènement. Le monde est le royaume des désirs et des peurs. Vous ne pouvez y trouver la paix. Pour vivre la paix, vous devez dépasser le monde. La cause première du monde est l'amour de soi-même. C'est à cause de lui que nous recherchons le plaisir et que nous voulons éviter la souffrance. Remplacez l'amour de soi-même par l'amour du Soi, et tout le tableau se transforme. Brahma, le Créateur, figure la somme de tous les désirs. Le monde est l'instrument qui sert à leur accomplissement. Les âmes s'adonnent aux plaisirs qu'elles désirent et payent le prix dans les larmes. Le temps harmonise les comptes. Le règne de la loi de l'équilibre est souverain.

Question : On doit d'abord être un homme avant d'être surhumain. L'âge d'homme est le fruit d'expériences innombrables. Le désir pousse à l'expérience. En conséquence, au moment opportun et à un certain niveau, le désir est à sa place.

Nisargadatta : Tout ceci est vrai, d'une certaine manière. Mais un jour vient, où vous avez accumulé suffisamment et où il est temps de vous mettre à construire. Alors, il devient absolument nécessaire de trier et rejeter [viveka-vairagya]. Tout doit être minutieusement examiné et ce qui n'est pas nécessaire doit être détruit sans concession aucune. Croyez-moi, on ne peut pas trop détruire. Car il n'y a rien de valeur dans la réalité. Soyez passionnément impartial – c'est tout.

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