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Avadhuta
Gita -
La réalité est seule partout égale,
disent les sages.
C'est en renonçant aux passions encore
que la pensée cesse d'être une ou multiple.
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Les textes sacrés nous disent de mille
façons
que tout cet univers, du ciel jusqu'à la terre,
n'est
que l'eau d'un mirage.
Si tu est identique à l'Un, égale en toute
chose,
Pourquoi pleurer, Ô Pensée, toi qui partout es
la même ?
Quand il n'y plus rien, plus rien à rechercher,
il n'est plus rien, plus rien, à désirer.
C'est immergé dans la perception de
l'égalité des
choses,
c'est concentré et purifié
que l'Avadhuta dit la réalité ultime.
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Le mobile et l'immuable sont irréels,
Le visible et l'invisible sont irréels.
si seule la réalité est en soi,
Pourquoi pleurer, Ô Pensée, toi qui partout es
la même ?
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Ni espace dans la jarre, ni jarre,
ni corps ni âme,
Nulle répartition entre cause et effet,
Pourquoi pleurer, Ô Pensée, toi qui partout es
la même ?
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Père, mère, famille, race,
naissance, mort n'ont jamais pour moi
d'existence.
Comment parler alors de passion et d'illusion ?
Ma nature est Béatitude, je suis libre.
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Ils renoncent à toute méditation,
ils renoncent à toute action, bonne ou mauvaise,
Ils boivent, Ô mon amie, le nectar du renoncement,
ceux qui sont sages.
Ma nature est Béatitude, je suis libre.
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Les Ecritures disent toutes que la Réalité
est immatérielle, pure, immuable,
sans corps physique, partout égale.
Je suis cette Réalité, sache-le, sans nul
doute.
Ce qui a une forme est irréel, sache-le,
seul le sans-forme est éternel.
c'est par la transmission de cette vérité
Qu'on ne reconnaît pas de
renaissance.
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Toukaram
- Extraits de Psaumes du pèlerin.
Quelle main fait mouvoir mon corps,
qui me fait parler, sinon le Seigneur ?
Qui me fait voir, qui me fait entendre ? Narayana seul.
Ne manque pas à lui offrir ton adoration.
C'est Dieu qui crée en moi l'illusion d'être un
moi
quand je dis : " Moi, j'agis. "
Sa main fait frémir les feuilles des arbres ;
où mon moi pourrait-il trouver place ?
Vitho remplit tout l'univers, dit Toukâ ;
quel être vivant ou inanimé pourrait
être
sans sa présence ? "
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Si tu veux faire une visite,
visite les saints :
ne pense à aucune autre occupation;
Ils cherchent un seul trésor, Dieu :
leurs lèvres ne murmurent aucun autre nom.
Si tu désires des compagnons,
choisis les saints :
ne pense à aucune autre amitié.
Si tu veux t'asseoir,
fais-le parmi les saints :
ne pense à aucun autre repos.
Si tu veux marcher,
va au village des saints :
ils te donneront la paix.
Les saints, dit Toukâ,
un océan de bonheur :
ils te donneront d'infinies richesses.
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Je suis aveugle de nature
dans mon visage sans traits.
Le mouvement m'est immobile.
D'hommes, je n'en vois pas.
Je demeure en ce lieu
où " je " et " mien " sont tombés.
tout le visible m'est invisible.
Détaché du néant,
mon bonheur est un sommeil
sur le sommet de la montagne
où je reçus sans rien donner.
J'ai laissé choir le vase
des désirs bons et mauvais,
j'ai quitté la ronde hurlante
de mes trois puissances.
Alors, j'ai reçu assurance
de ne jamais plus mendier :
la vingt-cinquième heure est venue
qui combla tous mes souhaits.
Visage levé, je murmurais
sans fin ces mots " moi, lui ",
qui réveillèrent le sans visage,
affolèrent d'amour le donneur.
Il m'offrit en charité
sa connaissance de soi et son être.
Me voici dans sa nature immergé,
seuls nos noms maintenant diffèrent.
Ces deux mots sont une source
de bénédictions multiples :
je les donnerai à mon tour
à qui viendra trouver.
Ces deux mots sont la route
qui toujours conduisit les saints
Ils sont sauvés, sauvés,
et tant d'autres par cette foi.
C'est le seul essentiel,
avoir foi totale.
La raison est un brigand
qui nous pille quand nous allons.
Dénoue les attaches du monde,
dévoue-toi à cette seule foi,
c'est le chemin que tracèrent
tous les saints de jadis.
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Le Ramayana
de Tulsi-Das
Désir, colère, cupidité, orgueil
composent l'armée redoutable de
l'Égarement,
Mais parmi eux tous, le plus terrible ennemi,
c'est encore la Femme, cette incarnation de l'Illusion !
Ecoute, O Sage, ce qu'enseignent les Veda, les Puranas et
les saints :
La Femme est comme le Printemps dans la forêt de
l'Illusion,
Comme l'été brûlant, capable
d'assécher les sources et les étangs
de la prière, des pieuses observances et des
austérités !
" Elle est la saison des Pluies qui revigore les
grenouilles
de la concupiscence, de la colère, de l'orgueil et de
la jalousie,
Elle est l'Automne qui fait s'épanouir en masse
les nénuphars des mauvaises pensées !
" Elle est l'Hiver qui afflige et détruit
Tous les champs de lotus du Dharma,
Et la Femme est encore la Saison des frimas
Qui fait reverdir l'arbre Javasa de l'égoïsme
!
" La Femme est semblable à la nuit sombre et
funeste
Favorable aux hiboux du péché,
Semblable à un hameçon mortel
Aux poissons de la conscience et de la force d'âme
!
- III.20.43-44
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Ramana
Maharshi - Extraits de
Sois ce que tu es est Cinq strophes sur le
Soi.
Vous êtes " conscience ". " Conscience " est un autre
nom pour vous. Du moment que vous êtes conscience, il
n'y a pas besoin de l'atteindre ni de la cultiver. Tout ce
que vous avez à faire, c'est de cesser d'être
conscient d'autres choses, c'est-à-dire de ce qui
n'est pas le Soi. Si vous cessez d'y prêter attention,
alors, seule demeure la pure conscience, et c'est cela le
Soi.
Voir Dieu, c'est être Dieu. Il n'y a pas de
totalité en dehors de Dieu que lui-même puisse
investir. Lui seul est.
Le renoncement n'est pas ailleurs que dans l'esprit ; ce
n'est pas en allant dans les forêts, ou dans des
endroits retirés, ou en abandonnant ses obligations,
qu'on y parvient. La chose importante est de vérifier
que l'esprit ne se tourne pas vers l'extérieur, mais
vers l'intérieur. La décision d'aller à
tel ou tel endroit, d'abandonner ou non ses obligations,
n'appartient pas à l'homme. tous ces
événements se produisent en fonction de notre
destin. dès notre entrée dans l'existence, les
activités que doit accomplir le corps sont
fixées. il ne vous appartient pas de les accepter ou
de les rejeter. la seule liberté que vous
possédez est de tourner votre esprit vers
l'intérieur et par là même renoncer
à l'activité.
Les sages disent que seul l'état d'équilibre,
débarrassé de l'ego, est le samadhi du
silence, le sommet de la connaissance. Jusqu'à ce que
l'on atteigne ce samadhi, dans lequel on est chacun la
réalité sans l'ego, il faut se contenter
d'avoir comme objectif l'annihilation du "je".
Cherchez à qui la question se pose. Tant que celui
qui pose la question n'a pas été
trouvé, la question restera sans réponse.
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1. Celui qui est oublieux du Soi, Le prenant à tort
pour le corps physique et qui passe ainsi par d'innombrables
existences, est pareil à quelqu'un qui erre à
travers le monde entier dans un rêve. Par
conséquent, réaliser le Soi équivaut
tout simplement à se réveiller des
vagabondages d'un rêve.
2. Celui qui se demande " Qui suis-je ? " et " Où
suis-je ? " bien qu'il n'ait jamais cessé
d'être le Soi, est semblable à un ivrogne qui
s'informe de sa propre identité et du lieu où
il se trouve.
3. Tandis qu'en réalité le corps est dans le
Soi, celui qui croit que le Soi est intérieur au
corps grossier est comparable au spectateur qui
considérerait que la toile de l'écran qui
supporte une image projetée est contenue dans
l'image.
4. Un joyau existe-t-il séparément de l'or
dont il est fait ? Où est le corps s'il est en dehors
du Soi ? Celui qui considère que son corps est
lui-même est un ignorant. Celui qui se voit
lui-même en tant que le Soi est l'Illuminé qui
a réalisé le Soi.
5. Le Soi Un, la Réalité Unique, seul existe
éternellement. Puisque l'Antique Maître,
Dakshinamurti, lui-même Le révélait par
le silence éloquent, qui d'autre pourrait le
communiquer par la parole ?
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Siddharameshwar
Maharaj - Extraits de
Amrut Laya.
L'absence du moindre désir est détachement.
Cela rend courageux. Sans cela, il vous est impossible
d'être libre de la peur. On ne doit pas être
dépendant des autres, comme lorsqu'on se dit : " Si
je ne mange pas quelque chose, je vais mourir. "
Désirez la félicité du Soi, c'est
désirer la félicité intérieure.
Ceux qui accumulent des millions, puis s'en vont dire aux
autres ce qu'est la connaissance de Brahman ne se font aucun
bien, au contraire, ils fraudent.
Ne pas être attaché aux sens c'est le
célibat. Avec force détermination, tout est
possible. Lorsqu'on devient dépendant, alors il faut
penser à Rama pour qu'il nous aide. Si la force
détermination est présente, la peur diminue.
Il est alors plus facile de penser à la "
Connaissance ". Un homme fort et déterminé
comprend mieux la Connaissance. La vertu est un indicateur
du contrôle des sens.
L'orgueil doit disparaître. " Je suis le corps, mes
richesses, mon enfant, je suis une personne respectable, mon
épouse, ma famille. " Tant que subsistent ces
idées, il ne peut y avoir " Connaissance "
véritable. Après la réalisation du Soi,
l'aspirant considère son Maître comme le plus
grand de tous. Il a le sentiment de Lui appartenir.
La connaissance spirituelle qui ne s'accompagne pas de
l'adoration est sans fondement. S'il n'y a pas de
dévotion (bhakti), il ne peut y avoir de connaissance
(jnana). La dévotion est la mère de la
connaissance. Point de connaissance, sans la grâce du
Maître. Quand cette grâce advient-elle ?
Uniquement lorsque la dévotion est constante. Alors,
même la boue se transformera en or. Le Satgourou est
votre gardien. Pourquoi vous inquiéter des autres
alors qu'Il est votre protecteur
?
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Tout est Un
(Ellam Onru) - Texte
tamoul anonyme du 19e siècle
Le connaisseur de l'Unité agit de la meilleure des
façons. C'est la connaissance de l'Unité qui
le fait agir. Il ne peut se tromper. Dans le monde, il est
Dieu devenu visible. Tout est Un.
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Ranjit
Maharaj - Extraits
d'entetiens en Bretagne
Les méthodes engendrent d'innombrables frustrations
et ne donnent aucune satisfaction réelle. La
réalité est sans méthode. L'illusion
dispose de nombreuses méthodes, de nombreux
problèmes, et de nombreaux concepts. Pour vaincre
l'illusion, ou les concepts, il faut se demander d'où
proviennent toutes ces pensées. Penser concerne
toujours des objets. Pour connaître la
réalité dépourvue de pensée, il
n'est nul besoin de penser.
L'éveil n'est rien d'autre qu'une profonde et totale
compréhension. La réalité n'a pas
à être atteinte, elle est déjà
là. Rien n'est necessaire au-delà de cette
compréhension totale.
Les gens ne comprennent pas que l'illusion n'est rien.
Comment peut-elle vous empêcher? Comment 'rien'
peut-il vous empêcher?
Ce que vous voyez et percevez est en vous et non à
l'extérieur. Vous n'êtes pas le corps. Si le
mental se saisit d'une pensée et s'y attache, toute
chose sera alors vue comme "autre" qu'elle (la
réalité).
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Sant Samarth
Ramdas - Extraits de
DasBodh, (l'ouvrage que Siddharameshwar Maharaj
commentait pour enseigner la Connaissance de soi)
Méfiez-vous des faux prophètes qui
prétendent être des Gourous spirituels, mais
qui ne valent pas plus qu'un fétu de paille. Se
faisant passer pour un Vedantin Advaitin, il ignore toute
différence entre bon et mauvais, bien et mal, saint
et profane et se conduit avec autant de promiscuité
qu'il le désire. On doit vérifier par
soi-même avec le plus grand soin si le Gourou auquel
on voudrait s'adresser a bien réalisé Dieu et
a également la capacité de Le faire
réaliser aux autres.
Le monde n'est pas autrement qu'irréel pour celui qui
est absorbé dans la méditation sur le nom de
Rama (Dieu) et par la vision de Rama ; le monde
phénoménal entier ne lui apparaîtra pas
autrement que tel un rêve au dormeur.
La parole, le mental et l'intellect sont, sans l'ombre d'un
doute, incapables d'appréhender Brahman (l'Absolu).
Ce que cela signifie en réalité, c'est que
Brahman peut être réalisé sans leur
aide, et que la félicité peut survenir sans
avoir été au préalable
désirée ou voulue.
Si vous désirez voir Dieu, il vous faut franchir le
portail de ce monde phénoménal.
La caractéristique principale du Saint c'est qu'il
est constamment absorbé par la vision de Dieu quelle
que soit sa condition ou son activité dans la
société. Comme Brahman, il devient sans peur,
et dénué des imperfections telles que la
colère, la jalousie, l'assouvissement des
désirs des sens, ect...
Ce qui est essentiel dans la vie spirituelle c'est la
combinaison de la réalisation de Brahman avec la
renonciation à toute autre chose. Si on ne rejette
pas avec dégout les choses non divines, la
connaissance de Dieu ne sera que verbale, et
l'évolution de la réalisation de Dieu en sera
grandement empêchée. Mais, sans la
réalisation de Dieu, le renoncement n'est que
semblant. On doit donc se libérer
intérieurement et
extérieurement.
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Ma Anandamayi
- Extraits des divers
ouvrages.
Dans la vision réelle, il n'y a pas un-qui-voit et le
vu. La vision réelle est sans yeux.
Vérité en parole, vérité en
action.
Rappelez-vous tout au long de ce jour que la
répétition de Son Nom a assez de pouvoir pour
balayer toutes vos erreurs ; celles de cette vie, celles de
vos vies passées.
Ceux qui ne cherchent pas à se connaître, se
suicident à chaque instant.
Demandez-vous : " Pourquoi est-ce que je pense trouver du
plaisir dans les choses passagères de ce monde ? " Si
vous avez soif des choses extérieures ou si vous vous
sentez attirés par une personne, vous devriez faire
une pause et vous dire : " Fais attention, tu est
fasciné par l'éclat de ceci ! " Y-a-t-il un
endroit où Dieu ne serait pas ?
Se languir de voir la fin du vouloir, explorer et
pénétrer jusqu'à la racine de ce que
vous percevez est votre propre nature. Quand vous achetez
des vêtements, vous choisissez un tissus solide et qui
ne s'usera pas rapidement ; même cette action est
indication de votre tendance innée à
rechercher ce qui est éternel. Il est de votre nature
d'implorer la révélation de Cela qui Est,
l'Éternel, la Vérité, la Connaissance
illimitée. Voilà pourquoi vous ne ressentez
aucune satisfaction avec ce qui est
éphémère, l'irréel, l'ignorance,
les limites. Votre nature véritable est d'aspirer
à la révélation de ce que vous ETES.
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Ramakrishna
- Extraits de
L'enseignement de Ramakrishna.
Si vous désirez ardemment devenir bons et purs,
Dieu vous enverra le Sad-gourou, le vrai Instructeur. La
continuité de votre désir est la seule chose
nécessaire.
La connaissance pure et l'amour pur sont exactement
similaires. La connaissance (jnana) mène au but, qui
est aussi atteint par l'adoration (bhakti).
Tant que l'expansion céleste de notre coeur est
troublée par le souffle du désir, il y a peu
de chance que nous puissions y voir le reflet de Dieu. La
vision du Seigneur ne s'élève que dans une
âme calme et dans l'extase divine.
L'argent ne peut que vous procurer du pain. Ne le
considérez donc pas comme votre seul but.
Pour les advaitistes, l'Absolu est la seule
réalité. l'univers (jagat) est irréel
(mithya) lorsqu'on le considère du point de vue de
l'Absolu. Pour l'Absolu ou Indifférencié,
l'univers, l'homme et les autres créatures (jivas)
sont irréels, car la seule réalité est
l'Absolu.
Les âmes engluées dans le monde ne peuvent
s'élever jusqu'à Dieu - elles restent captives
de la "femme et l'or", même si ces choses ne leur
apportent que des humiliations.
Quand l'attachement à "la femme et l'or" est
effacé de l'esprit, que reste-t-il dans l'âme ?
uniquement le bonheur de brahman.
Lorsqu'un éléphant est lâché en
liberté, il déracine les buissons et les
arbres, mais si son cornac le frappe sur la tête avec
un aiguillon, il se calme aussitôt. Ainsi l'esprit non
discipliné vagabonde à travers une abondance
de pensées inutiles, mais il se calme dès
qu'il est frappé par l'aiguillon du vrai
discernement.
Le réel est l'éternel, c'est-à-dire
Dieu. L'irréel, c'est ce qui est évanescent.
Il faut discriminer entre les deux lorsque le mental se met
à la poursuite de choses
éphémères. Lorsque
l'éléphant tend sa trompe vers des bananiers
qui n'appartiennent pas à son maître, le cornac
lui donne un coup d'aiguillon.
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H.W.L. Poonja
- Extraits de Ainsi
parlait H.W.L. Poonja.
Penser advient quand tu veux devenir quelque chose.
Alors, il faut que tu penses. Mais, pour ne rien devenir,
que dois-tu faire ? Demeure tel que tu es !
La Liberté est toujours Ici, c'est la Sainteté
qui manque. Que vas-tu pouvoir offrir au Suprême, si
tu as voué ton Cur à quelque chose
d'autre ? On n'offre à Dieu qu'une fleur qu'aucun nez
n'a humée, Seul est indispensable l'Amour pour le
Soi.
Sois humble et consacré au Soi.
Le dévot, l'authentique Dévot, Est le
Cur du Divin.
Quand ton ébriété dépend de
quelqu'un d'autre, tu triches avec toi-même, tu te
trompes toi-même. Aucune bonne ivresse ne viendra
jamais d'une source autre que ton Soi. Nul ne te donnera le
Bonheur, personne ne t'accordera la Paix. Découvre
cela par toi-même. Seul un esprit troublé
estimera pouvoir trouver le bonheur ailleurs. Cet Amour et
cette Beauté verront le jour si tu demeures en Paix
dans cet instant unique. Alors il te sera donné
d'avoir accès à Tout.
Vichar devrait continuer chaque instant de ta vie,
naturellement, comme tu respires, jusqu'à ton dernier
souffle. Comme dit mon Maître : " Recherche qui
tu es dedans, jusqu'à ce qu'il ne reste plus personne
pour chercher. "
Demande-toi : " Qui suis-je ? " Patiemment, sagement,
sincèrement, interroge-toi, Pure Conscience,
tournée au-dedans. Une fois face à face avec
le Soi, il ne te reste plus qu'à demeurer
Silencieux.
Cette Quiétude n'est pas le fruit du mental, elle ne
remue même pas la pensée-je. Cette
Tranquillité est le Repos, la prière
exaucée qui veut que la Paix règne, Elle est
la Demeure éternelle.
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Amma
- Extraits des Eveillez-vous mes enfants et
Guide-nous vers la lumière.
Si Amma dit " Je suis parfaite ", alors le " je " est
là. Dans l'état de perfection, le sentiment du
" je " a totalement disparu. Il n'y a pas que ça. Le
sens de l'ego est toujours implicite dans de telles
affirmations. Les Mahatmas montrent l'exemple au monde
à travers l'humilité et le service
désintéressé dans l'espoir que d'autres
les suivront. C'est pourquoi Mère ne désire
pas dire de telles choses. Après tout, cela
dépend entièrement de la foi des enfants.
Lorsque nous nettoyons une pièce, nous n'enlevons au
début que la poussière superficielle. la
pièce semblera propre en apparence, mais si nous
frottons plus fort, nous verrons partir toute la crasse.
Lorsque nous faisons notre sadhana, les vasanas endormis
jusque là se réveillent. mais c'est seulement
pour être épuisés. Ils ne sont tous que
des illusions (mithya) toujours changeantes.
Le but de la spiritualité est le
désintéressement total. Toutes les sadhanas
(pratiques) ne servent qu'à cela. Quelle que soit la
sadhana, quel que soit le chemin que tu suis, tu ne peux
faire aucun progrès sur le plan spirituel si tu
gardes dans le mental une trace d'egocentrisme. On ne peut
dire qu'un chemin soit meilleur que l'autre. Le chemin sera
prescrit en fonction de la qualification de
l'élève.
Mes enfants, sans effort, il est impossible de
réussir quoi que ce soit. Rester assis sans faire
aucun effort en déclarant que Dieu s'occupera de
tout, c'est de la pure paresse. De tels gens disent que Dieu
s'occupera de tout sans pourtant s'abandonner
complètement à Lui. Quand il faut travailler,
ils disent que Dieu prendra soin de tout. Mais dès
qu'ils ont faim, ils font l'effort de se remplir le ventre,
même si cela implique qu'ils volent pour obtenir de la
nourriture. Ils n'attendent pas patiemment que Dieu leur
apporte à manger ! Quand il s'agit de la faim et
d'autres questions personnelles, leur abandon à Dieu
se réduit à des paroles creuses.
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Kabir
- Extraits de Cent huit perles.
Mon mental a cessé de battre le tambour :
Je ne danserai plus à son rythme endiablé
!
Luxure, colère, erreur : j'ai tout jeté au
feu,
Et j'ai brisé le vase de la cupidité !
La robe du désir est maintenant usée,
Et l'illusion s'est dissipée !
J'ai reconnu l'Un dans toutes les créatures :
Finies les polémiques et les joutes oratoires !
Dit Kabir : par la grâce de Ram,
Je l'ai trouvé, Lui, le Suprême !
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Même en offrant de l'or, on ne peut gagner Ram :
On ne peut Le gagner qu'au prix de son coeur !
Maintenant que Ram est mien
Mon coeur a retrouvé la paix !
Malgré le flot de sa parole,
Brahma ne put découvrir Ses limites !
Ram a Sa demeure chez le dévot
Qui reste assis en paix !
Je me suis libéré de mon mental instable,
Dit Kabir, pour me mettre au seul service de Ram
!
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Nisargadatta
Maharaj - Extraits des
A la source de la conscience et Je suis.
Si le monde était réel, il pourrait exister un
moyen, une sorte de traitement [pour atteindre la
béatitude], mais le monde étant
irréel, tout ce que vous pourrez faire ne servirait
à rien. Malgré tous vos efforts vous ne
distinguez qu'un chaos généralisé et
vous ne pouvez pas l'arrêter car il est dans un
continuel état de flux. Cet ensemble n'est pas
réel. Après avoir écouté ces
entretiens avez-vous acquis et mis en réserve un
nouveau savoir ou au contraire celui que vous
possédiez s'est-il dissous ?
La vraie connaissance, la Réalisation, ne peut se
produire que lorsque tous les concepts possibles ont
été abandonnés et elle ne peut venir
que de l'intérieur de vous.
Je ressens les choses de la vie tout comme vous. La
différence se trouve dans ce que je ne ressens pas.
Je n'éprouve ni peur ni envie, ni haine ni
colère, je ne demande rien, je ne refuse rien, je ne
conserve rien. Sur ces questions je ne transige pas.
Peut-être est-ce la différence la plus
marquante qu'il y ait entre nous. Je n'accepte pas de
compromission, je suis sincère avec moi-même,
alors que vous avez peur de la réalité.
Ce qui est important, ce n'est pas ce que vous faites, mais
ce que vous cessez de faire. Les gens qui entament leur
sadhana sont tellement fiévreux et agités
qu'il faut les tenir très occupés pour les
maintenir dans la voie. Une routine absorbante leur est
excellente. Avec le temps, ils se calment et abandonnent
l'effort. La peau du "je" se dissout dans la paix et le
silence et l'intérieur et l'extérieur
deviennent un. Il n'y a pas d'effort dans la vraie
sadhana.
Au lieu d'attendre une réponse à votre
question, cherchez plutôt qui pose la question, et ce
qui l'incite à la poser. Très vite vous
découvrirez que c'est le mental aiguillonné
par la crainte de la douleur qui pose la question. Et dans
la peur vous trouvez la mémoire et l'anticipation, le
passé et l'avenir. L'attention vous ramène
dans le présent, le maintenant, et la présence
dans le maintenant est un état qui est toujours
à portée de la main mais que l'on remarque
rarement.
Avec un bon maître, le disciple apprend à
apprendre, et non à se rappeler et à
obéir. Satsang, la compagnie des sages, ne forme pas,
elle libère. Méfiez-vous de tout ce qui vous
rend dépendant. La plupart de ces prétendus
"abandons au gourou" se terminent dans le
désappointement, sinon dans la tragédie.
Heureusement, le chercheur sérieux se dégage
à temps, rendu plus sage par son
expérience.
La réalisation, c'est réaliser le fait que
vous n'êtes pas une personne. Ce ne peut donc pas
être le devoir de la personne dont la destinée
est de disparaître. La destinée est le devoir
de celui qui s'imagine être une personne.
Découvrez qui il est et la personne imaginée
se dissoudra. La liberté est toujours de quelque
chose. De quoi serez-vous libéré ? Il est
clair qu'il faut que vous vous libériez de la
personne que vous prenez pour vous car c'est l'idée
que vous avez de vous-même qui vous retient dans les
liens.
Si vous connaissez ce que vous enseignez, vous pouvez
enseigner ce que vous connaissez. Ici, la vision et
l'enseignement ne font qu'un. Mais la réalité
absolue est au-delà des deux. Le gourou qui s'arroge
ce titre parle de maturation et d'effort, de mérite
et d'accomplissement, de destinée et de grâce ;
ce ne sont que les formations et les projections mentales
d'un esprit intoxiqué. Au lieu d'aide, ce sont des
empêchements.
Ne faites confiance à personne jusqu'à ce que
vous soyez convaincu. Le vrai gourou ne vous humiliera
jamais, pas plus qu'il ne vous détachera de
vous-même. Il vous ramènera constamment
à votre perfection inhérente et il vous
encouragera à chercher en vous, à
l'intérieur. Il sait que vous n'avez besoin de rien,
pas même de lui, et il ne se fatigue jamais de vous le
rappeler. Mais celui qui s'est lui-même
instigué gourou s'intéresse plus à lui
qu'à ses disciples.
Dans la vie, on ne peut rien obtenir sans surmonter des
obstacles. Les obstacles qui s'opposent à une claire
perception de son être véritable sont le
désir du plaisir et la peur de la souffrance.
L'obstacle, c'est la motivation plaisir-douleur.
L'état naturel est l'état où nous
sommes libérés de toute motivation, où
aucun désir ne se manifeste.
[Dieu vient dans une forme] en accord avec vos
espérances. S'il vous arrive d'être malheureux
et que quelque âme sainte vous donne un mantra pour
vous porter chance, et que vous le répétiez
avec foi et dévotion, votre chance tournera presque
certainement. Une foi solide est plus forte que le destin.
La destinée n'est que le résultat de causes,
accidentelles pour la plupart ; elle n'est donc
tissée que d'une manière très
lâche. La confiance et une espérance juste la
surmonteront aisément.
Je ne vous demande pas de cesser d'être, cela, vous ne
le pouvez pas. je vous demande simplement d'arrêter
d'imaginer que vous êtes né, que vous avec eu
des parents, que vous êtes un corps, que vous mourrez,
etc. Essayez, faites un pas. Ce n'est pas si difficile que
vous le croyez.
Renoncez à toutes les questions sauf une : "Qui
suis-je?" Après tout, le seul fait dont vous soyez
sûr c'est d'être. Le "je suis" est une
certitude, le "je suis ceci" n'en est pas une. Luttez pour
trouver ce que vous êtes réellement.
_______________________
Upanishads
:
En vérité ce n'est pas le mari que la femme
aime,
mais le soi qui est en lui.
En vérité ce n'est pas l'épouse que
l'époux aime,
mais le soi qui est elle.
-
Brihadaranyaka Upanishad, II, 4-5.
Le Soi qui connaît n'est jamais né (pas plus
l'homme libéré !) et ne meurt à aucun
moment. De rien, il est issu et rien n'est issu de lui.
Antérieur à toute chose, il n'est pas
détruit lorsque le corps est détruit. Plus
infime que l'infiniement petit, plus immense que
l'infiniement grand, le Soi est enchâssé dans
le coeur de chaque créature. L'homme libre de
désirs et de luttes le contemple, lorsque ses sens et
son mental sont pacifiés ; il est alors
libéré de tout chagrin.
- Katha Upanishad, I, 2-20.
L'Atman est Dieu : si l'âme incorporée (Jiva),
surestimant le corps et les autres qui n'ont pas la nature
de l'Atman, leur prête la nature de l'Atman, cette
surestimation est le lien de l'Atman. La faire cesser est la
Délivrance. Celle qui cause cette surestimation est
l'Ignorance. celle qui fait cesser cette surestimation est
la Science.
- Sarvasaropanishad
Connu à l'arrière-plan de chaque
pensée, Il est réalisé,
car on atteint (ainsi) l'Immortalité.
Puisque par le Soi on atteint la vigueur,
par Sa connaissance on atteint l'Immortalité."
- Kenopanishad, II,
4.
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Adi
Shankaracharya -
Extraits des Advaita Pancaratnam (Le quintuple joyau de
la non-dualité), Dasasloki (Les dix strophes) et
Viveka-Cuda-Mani (Le plus beau fleuron de la
discrimination).
Dû à l'illusion, le monde apparaît
faussement dans le Soi
dont la nature est Vérité, Connaissance et
Félicité.
Tel un rêve dû à l'illusion du sommeil,
il n'est pas réel.
Pur, plein, éternel et unique, je suis Shiva.
Je n'ai ni naissance ni croissance ni mort.
Toutes ces caractéristiques de la nature sont dites
pour le corps.
La condition d'agent en premier n'est pas à mon soi
de
pure Conscience, mais seulement à l'ego. Je suis
Shiva.
A part mon Soi, rien d'autre ici n'existe.
En vérité, le monde extérieur est un
objet produit par illusion,
Comparable à une image dans un miroir.
Il apparaît en moi qui suis la Non-dualité. Je
suis donc Shiva.
Il n'y a ni précepteur ni précepte, ni
disciple ni acte d'enseigner, ni toi ni moi ni ce monde. La
connaissance de sa propre nature exclut le doute. Je suis
donc unique, ultime, propice et pur.
De plus, puisque le Soi est tout pénétrant,
qu'il est appelé le Bien suprême, qu'il est Sa
propre preuve et qu'il n'a d'autre substrat que
Lui-même, tout l'univers différent de Lui est
irréel. Je suis donc unique, ultime, propice et
pur.
L'élan vers la délivrance (mumuksutva) est le
désir fervent qui pousse l'aspirant à
s'affranchir, en réalisant sa véritable
nature, de toutes les formes de servitude, depuis celle du
sentiment du moi (ahamkara) jusqu'à celle du corps
grossier, car, de la première à la
dernière, elles ne sont que des surimpositions de
l'Ignorance.
Entre tous les moyens qui concourent à la
libération, c'est à la dévotion
(bhakti) que revient la place d'honneur. L'effort auquel se
livre l'aspirant pour réaliser sa propre et
véritable nature, nous lui donnons le nom de
"dévotion" .
Quiconque s'efforce de réaliser le Soi et, tout
à la fois, accorde à ce corps grossier une
attention excessive, agit comme cet insensé, qui pour
traverser une rivière, croit prendre appui sur un
tronc d'arbre, alors qu'il serre un crocodile entre ses bras
!
Ce corps physique, composé de peau, de chair, de
sang, d'artères, de veines, de graisse, de moelle et
d'os, Doit être l'objet de ton mépris !
N'est-il pas, au surplus, rempli de substances
vénéneuses ?
Celui qui observe tout le spectacle, mais que nul spectateur
n'a jamais observé ; celui qui illumine tous les
objets, y compris la buddhi (intellect) , mais qu'aucun
d'eux ne saurait illuminer - c'est lui ! (l'Absolu).
Pour s'affranchir de toute sujétion, l'homme sage
doit discerner le Soi et le non-Soi ; c'est par la
discrimination seule qu'il connaîtra son propre Soi en
tant que "sat - chit - ananda", et qu'il goûtera le
vrai bonheur.
Certes, il est à jamais libéré celui
qui - aussi aisément que s'il avait à
séparer une tige de graminée de sa graine
enveloppante - sait discriminer les objets des sens et le
Soi - Ce Soi qui est toujours présent dans la caverne
du coeur - Ce Soi absolument inconditionné - Ce Soi
qui n'agit pas. La discrimination faite, l'aspirant peut
immerger en ce Soi tous les objets de l'Univers. Et
s'établir à demeure en l'état de
parfaite identification avec "Cela".
L'identification dont tu es actuellement victime, a pour
siège le corps physique. Transfère cette
identification à l'atman lequel est
"sat-chit-ananda". Abstiens-toi également de
t'identifier avec le corps subtil : sois jaloux de ta
solitude, jaloux de ton indépendance !
Quand les désirs égoïstes foisonnent, les
actes se multiplient, et, si l'activité
intéressée s'intensifie, le désir se
trouve encore renforcé. la transmigration est ainsi
pour l'homme une servitude éternelle.
Lorsqu'on s'abstient d'actes inspirés par le
sentiment du moi, on ne s'échauffe plus pour les
objets des sens, et la destruction des désirs
s'ensuit tout naturellement. Or, la destruction des
désirs n'est pas autre chose que la délivrance
; voilà ce qu'on appelle la libération en ce
corps de chair (jivan-mukti).
Lorsqu'un disciple, si réfléchi qu'il soit,
conserve à son insu quelque désir pour un
objet des sens, il paie cher son inadvertance ; les
mauvaises propensions de la buddhi lui infligent
d'interminables tourments : le souvenir d'une femme
passionnément aimée hante sans trêve la
mémoire de l'amant solitaire.
Maîtriser ce pouvoir de projection avant que le
pouvoir d'obnubilation ait été réduit
à l'impuissance, C'est une tâche ardue, mais le
recouvrement qui masque l'atman, se dissipe de
lui-même, Dès que l'aspirant est capable de
distinguer le Sujet des objets, aussi aisément que le
lait de l'eau. La victoire n'est toutefois, sans appel - les
obstacles ne sont définitivement surmontés,
qu'au moment où les objets irréels du monde
extérieur ne font plus naître dans le mental la
plus légère oscillation.
La discrimination parfaite qu'amène la
réalisation personnelle permet de reconnaître
instantanément la véritable nature du Sujet et
celle de l'objet, Et de secouer le joug de l'illusion
créée par maya (manifestation). Le samsara
(existence phénoménale) prend fin quand ce
joug est brisé.
C'est parce qu'il est inébranlablement établi
en Brahman que cet homme, dans un élan suprême,
Sacrifie tout attachement extérieur pour les objets
des sens et tout attachement intérieur pour le sens
du moi.
Les objets des sens sont de dangereux poisons ; repousse
tout désir qui te porterait vers eux ! Vois en un tel
désir l'image même de la mort ! Rejette tout
orgueil que la caste, la lignée ou le stade
d'existence pourraient encore t'inspirer ! Tiens-toi
à bonne distance de l'action ! Cesse de t'identifier
avec ces choses irréelles : le corps, le mental,
etc..., et dirige toutes tes pensées vers l'atman. En
vérité, tu es l'indestructible Témoin ;
tu es Brahman, libre à jamais de la servitude du
mental ; tu est l'Un sans second ; tu es, toi-même, le
Suprême.
La délivrance consiste - non pas à abandonner
le corps grossier comme le sannyasin itinérant
abandonne son bâton ou son écuelle - mais
à extirper de soi tout attachement, car l'attachement
et l'Ignorance ne font qu'un.
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Le
Yoga-Vashistha -
Extraits de Sept récits initiatiques tirés
du Yoga-Vasishtha.
Vasishtha : Les dieux, les Siddhas, les
délivrés-vivants ne sont pas soumis, dans leur
conduite, aux règles forgées de toutes
pièces par l'esprit des ignorants. ceux-ci, parce que
leur esprit est divisé contre lui-même, ne
peuvent se dispenser de contraintes extérieures. Sans
elles, ils iraient à leurs perte, comme les poissons
(qui se dévorent les uns les autres). Mais, ceux qui
possèdent la Connaissance ne se laissent pas
subjuguer par les objets de leur désir ou de leur
aversion. Libres de toute imprégnation mentale
(vasana), ils sont éveillés et maîtres
de leurs sens. Ils s'acquittent toujours des tâches
que le sort (kaka-taliya) dépose entre leurs mains
mais ils n'entreprennent jamais rien de leur propre
initiative et ne succombent jamais à aucune
espèce de passion.
Vasishtha : De même que l'agitation des vagues part de
l'océan lui-même, de même le monde se
présente constamment à nous comme favorable ou
hostile en fonction de nos désirs latents
intérieurs ; eux seuls constituent la maladie dont
nous avons à
guérir.
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Tripurarahasya
- Extraits de La
doctrine secrète de la déesse Tripura
Tu n'es pas ton corps mais le possesseur de ton corps. Ne
dis-tu pas toi-même "mon corps", comme tu dis "mon
vêtement" ? Comment peux-tu donc t'identifier à
ton corps ? Or, si tu es distinct de ton corps, comment
peux-tu, par lui, entrer en relation avec le corps d'autrui
? Entretiens-tu une relation quelconque avec les
vêtements portés par ton frère, etc. ?
Comme il en va de même pour leur corps, que signifient
ces pleurs devant la destruction de ces corps ? Dis-moi
plutôt quelle est cette essence de ton être qui
s'exprime à travers des jugements comme "mon corps",
"mes sens", "mon souffle", "mon esprit" ?
De même qu'un miroir, bien qu'unique, semble devenir
multiple de par la variété des objets qui se
reflètent en lui, de même la conscience pure,
bien qu'unique, paraît se revêtir de
diversité. Considère que dans les rêves
l'esprit assume à lui tout seul les trois aspects de
voyant, de vision et de chose vue. de la même
façon, la pure conscience se manifeste sous une
multiplicité d'aspects.
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