|
Vers
lâge de treize ans, il tomba amoureux dune
représentation du Bouddha dans lun de ses
livres décole. Limage, une
célèbre statue aujourdhui exposée
dans lun des musées de Lahore,
représentait le Bouddha en tant quascète
émacié. Hariwansh se sentit poussé
à imiter la reproduction aperçue dans le
livre ; ainsi, pendant les mois qui suivirent, il se
priva volontairement de nourriture pour ressembler au
Bouddha amaigri par lascèse. Il se fabriqua
également une robe bouddhique à partir de
lun des saris de sa mère, puis sen alla
mendier sa nourriture et faire des discours au sujet du
Bouddha sur la place de la ville. Ses imitations
adolescentes du Bouddha connurent leur fin quand sa
mère, qui nen avait rien su au début,
découvrit quil avait transformé
lun de ses saris en robe de moine.
Vers la fin des années vingt, une partie de la maison
de Lyalpur occupée par la famille de Hariwansh fut
louée à Sukdev, un militant pour la
liberté qui appartenait à une organisation
dont le but était dexpulser les anglais de
lInde par la force. Sukdev et son ami, Bhagat Singh,
avaient tous deux finis par être pendus par les
Anglais pour meurtres et tentatives dassassinat sur
des officiels du gouvernement colonial. Hariwansh
nétait pas disposé à se consacrer
à la voie de non-violence préconisée
par Gandhi ; il préféra devenir membre de
lorganisation de Sukdev, car il était
entièrement convaincu que la violence contre les
Britanniques était de la légitime
défense puisquils occupaient son pays. Il avait
promis à sa famille quil ne prendrait
aucunement part à quelque activité violente
que ce soit, car cela aurait conduit à des
représailles contre certains de ses proches ;
cependant, il était un orateur des plus actifs et
prononçait des discours enflammés pour tenter
de persuader les gens dexpulser les Britanniques de
lInde par la force. Après les pendaisons de
Sukdev et de Bhagat Singh, Hariwansh fit quand même
partie de ce qui était sensé être une
mission de représailles une tentative pour
faire exploser le train du vice-roi. Cette mission
échoua et le mouvement militant du Punjab sen
alla dès lors à vau-leau, car ses
membres avaient été pour la plupart, soit
jetés en prison, soit exécutés par les
Britanniques.
Hariwansh était le plus âgé des enfants
de sa famille. Il fut marié à lâge
de seize ans, lors dune cérémonie
traditionnelle " arrangée " et comme son père
navait pas les moyens de lui payer des études
universitaires, il débuta sa carrière
professionnelle comme vendeur. Son travail, qui au
début consistait à vendre de
léquipement sportif et des instruments de
chirurgie, le mena à Bombay, où il passa la
majeure partie des années trente. Il gagnait
suffisamment pour nourrir sa femme, ses jeunes enfants et
les autres membres de sa famille demeurés à
Lyalpur.
Au début des années quarante,
après le déclenchement de la Seconde Guerre
mondiale, Hariwansh posa sa candidature pour devenir
officier de larmée britannique en guerre. Son
sentiment était que le mouvement des militants pour
la libération des années vingt et trente avait
été voué à léchec
car ses membres avaient manqué de la
préparation militaire adéquate et
navaient pas eu accès à des
réserves darmes et de munitions
conséquentes. En demandant à
senrôler, il pensait pouvoir obtenir un bon
entraînement militaire, quil pourrait ensuite
utiliser à bon escient contre les Britanniques
à nouveau. Cependant, peu après le
début de son entraînement, il réalisa
que ce projet manquait de réalisme.
Pendant toutes ses années de militantisme
indépendantiste et en tant que père de famille
travaillant à Bombay, jamais Hariwansh
nabandonna son amour pour Krishna ni son désir
den avoir régulièrement des visions.
Alors quil était à larmée,
il passait ses nuits déguisé en sari, portant
bijoux et maquillage, et dansant devant une image de Krishna
dans lespoir de le faire apparaître devant lui.
Il était convaincu que Krishna se manifesterait plus
volontiers à une femme.
En fin de compte, lorsque le service militaire
savéra ne plus lui convenir, il
démissionna afin de se mettre en quête
dun Guru qui lui permettrait davoir la vision de
Krishna en permanence. Sa quête le mena aux quatre
coins de lInde et lui fit rencontrer certains des
maîtres spirituels les plus renommés de
lépoque ; cependant, aucun ne fut en
mesure de répondre à la question quil
posait invariablement en guise dintroduction : "
Avez-vous vu Dieu, et, si oui, pourriez-vous me Le montrer ?
"
Peu de temps après son retour à la maison, un
sadhu moine mendiant hindou se présenta
à sa porte à Lyalpur pour faire
laumône. Hariwansh lui posa encore la même
question : " Pourriez-vous me montrer Dieu, et, si ce
nest pas le cas, connaissez-vous quelquun qui
puisse le faire ? "
Le sadhu lui répondit ainsi : " Oui, je connais un
homme qui peut te montrer Dieu. Si tu te rends auprès
de lui, tout ira au mieux pour toi. Son nom est Ramana
Maharshi. "
Hariwansh se renseigna auprès du sadhu pour
découvrir que Ramana Maharshi vivait à
Tiruvannamalai, au sud de lInde. Comme il avait
épuisé toutes ses ressources en voyages
infructueux pour trouver un Guru, il finança son
déplacement en acceptant un travail dans une
entreprise basée à Madras, une ville
située à quelques heures de train de
Tiruvannamalai.
Quand, en 1944,
il arriva à lashram de Ramana Maharshi, il fut
très déçu de découvrir que
Ramana Maharshi était cet homme qui lui était
apparu en tant que sadhu à Lyalpur. Comme il se
sentait abusé, il décida de quitter
lashram, mais un résident lui apprit que depuis
son arrivée cinquante ans auparavant, Ramana
navait jamais quitté Tiruvannamalai.
Intrigué, il décida alors de
rester.
La
première fois quil sadressa à Shri
Ramana, il lui demanda : " Êtes-vous lhomme qui
sest présenté chez moi au Punjab ? "
Mais Shri Ramana resta silencieux.
Il lui posa
ensuite sa question habituelle : " Avez-vous vu Dieu, et, si
oui, pourriez-vous me permettre de Le voir ? "
Shri Ramana
répondit : " Je ne peux pas vous montrer Dieu parce
que Dieu nest pas un objet que lon peut voir.
Dieu est le sujet. Il est celui qui voit. Ne vous attardez
sur aucun objet qui peut être vu. Découvrez qui
est celui qui voit. " Il ajouta également : " Vous
seul êtes Dieu. "
Comme Hariwansh
espérait toujours ardemment avoir ses visions de
Krishna, il nétait pas disposé à
suivre ce conseil ; cependant, il demeura en la
présence de Shri Ramana suffisamment longtemps pour
vivre une expérience de grande importance. Voici
comment il la décrite dans Nothing Ever
Happened :
[N.d.T.
Nothing Ever Happened : " Il ne sest jamais
rien passé ". Biographie en trois volumes
établie par David Godman du vivant de H.W.L. Poonja,
publiée en 1998 par lAvadhuta Foundation,
Boulder, CO, États-Unis]
" Ses paroles ne me firent aucune impression. Elles me
semblaient nêtre quune excuse de plus que
je pouvais ajouter à la longue liste de celles que
javais reçues de swamis dans tout le pays. Il
mavait promis de me montrer Dieu [lorsquil
était venu dans ma maison au Punjab] ;
pourtant, il cherchait maintenant à me convaincre
quil lui était non seulement impossible de me
montrer Dieu, mais que personne dautre ne pouvait le
voir non plus. Je laurais rejeté, sans autre
procès, lui et ses paroles, sil ny avait
eu cette expérience que je vécus
immédiatement après quil meut dit
de découvrir qui était ce "je" et qui
était celui qui désirait voir Dieu. Une fois
quil eut fini de parler, il me regarda, et alors
quil plongeait son regard dans mes yeux, mon corps
tout entier fut pris de secousses et commença
à trembler. Une forte sensation dénergie
nerveuse me traversa le corps. Mes terminaisons nerveuses me
donnaient limpression de danser et mes cheveux se
dressèrent sur ma tête. À
lintérieur, je pris conscience du Cur
spirituel. Il ne sagit pas du cur physique.
Cest plutôt la source et le support de tout ce
qui existe. Au sein du Cur japerçus ce
qui ressemblait à un bouton de fleur refermé.
Il était très scintillant et bleuté.
Alors que le Maharshi me regardait et que
jétais moi-même dans un état de
silence intérieur, je sentis ce bouton souvrir
et sépanouir. Jutilise le terme " bouton
", mais ce nest pas une description exacte. Il serait
plus juste den parler comme de quelque chose
ressemblant à un bouton en train de souvrir et
de fleurir en moi dans le Cur. Et quand je dis "
cur ", je ne fais pas référence à
un épanouissement situé dans un endroit
spécifique du corps. Ce Cur, ce Cur de
mon Cur, nétait situé ni dans le
corps ni au dehors. Je ne puis donner de description plus
exacte de ce qui sest passé. Tout ce que je
peux dire, cest quen la présence du
Maharshi, sous son regard, le Cur sest ouvert et
sest épanoui. Ce fut une expérience
extraordinaire que jamais je navais vécue
auparavant. Je nétais pas venu en quête
dune expérience particulière, et
jai été totalement surpris par ce qui
sest passé. "
Malgré cette expérience positive, Hariwansh
décida que lenseignement de Shri Ramana, qui
semblait déprécier les visions de Dieu,
nétait pas pour lui. Il se rendit de
lautre côté dArunachala la
montagne sacrée où Ramana vécut toute
sa vie dadulte et poursuivit ses
méditations sur Krishna ; lequel lui apparut à
plusieurs reprises.
Avant de
sen retourner à Madras, il fit étape
à Ramanasramam pour voir Shri Ramana une fois de
plus. Hariwansh informa Shri Ramana quil avait eu des
visions de Krishna, mais à nouveau Shri Ramana sembla
en minimiser limportance.
Une fois
vérifié que les visions venaient puis
sen allaient, Shri Ramana commenta : " Quelle est
lutilité dun Dieu qui apparaît puis
disparaît ? SIl était un Dieu
véritable, Il devrait demeurer avec vous en
permanence. "
Hariwansh
retourna à Madras pour entamer sa nouvelle
carrière. Il intensifia son chant du nom de Krishna
en le faisant concorder avec sa respiration,
jusquà ce quil atteigne cinquante mille
récitations par jour du mantra de Krishna. Puis, de
façon plutôt surprenante, les divinités
Ram, Sita et Lakshman lui apparurent dans sa maison de
Madras et restèrent avec lui presque toute la nuit.
Après leur disparition, il se retrouva dans
limpossibilité de psalmodier quoi que ce soit.
Son esprit refusait tout simplement de sengager dans
la répétition du nom divin. Ce nouveau
développement dans ses pratiques layant rendu
perplexe, il décida de retourner à
Ramanasramam pour expliquer la difficulté de sa
situation à Shri Ramana.
Une fois les
détails de ce qui lui était arrivé
exposés à Shri Ramana, celui-ci lui
répondit en comparant ses pratiques à un train
qui lavait mené à destination. Voici
comment Hariwansh décrivit leur entretien dans
Nothing Ever Happened :
" - Le train [de Madras à Tiruvannamalai, dit
Shri Ramana], vous a amené à votre
destination. Vous en êtes descendu car il ne vous
était plus utile. Il vous a amené là
où vous vouliez vous rendre...
Cest ce qui sest produit avec votre chant. Votre
japa [psalmodier le nom de Dieu], vos lectures,
votre méditation vous ont amené à votre
destination spirituelle. Ils ne vous sont plus daucune
utilité maintenant. Vous navez pas
abandonné vos pratiques de vous-même ; ce sont
elles qui vous ont quitté delles-mêmes,
puisquelles ont rempli leur mission. Vous êtes
à destination.
Ensuite, il me regarda intensément. Je sentais que
mon corps et mon esprit étaient lavés dans
leur totalité par des vagues de pureté. Ils
étaient purifiés par son regard silencieux. Je
pouvais ressentir son regard en train de voir dans les
profondeurs de mon Cur. Sous ce regard fixe et
envoûtant, je pouvais sentir que chaque atome de mon
corps était purifié. Cétait comme
si un nouveau corps avait été
créé à mon intention. Un processus de
transformation se déroulait le vieux corps se
mourait, atome par atome, et un nouveau corps se
créait à sa place. Et, dun seul coup, je
compris. Je vis que cet homme qui sétait
adressé à moi était en
réalité ce que jétais
déjà, ce que jai toujours
été. Un accès soudain de reconnaissance
me saisit alors que je pris conscience du Soi.
Jutilise le terme " reconnaissance "
délibérément, car dès que
lexpérience me fut
révélée, je savais, sans lombre
dun doute, quil sagissait du même
état de paix et de bonheur dans lequel javais
été plongé à lâge de
six ans à Lahore quand javais refusé la
boisson à la mangue. Le regard silencieux du Maharshi
mavait à nouveau établi dans cet
état premier. Le désir de trouver un Dieu au
dehors sabîma dans la connaissance et
lexpérience directes du Soi qui
métaient révélées par le
Maharshi... Je sus alors que ma quête spirituelle
avait pris fin... "
Hariwansh retourna à Madras où il continua
à travailler comme sous-traitant de
larmée ; cependant, il retournait à
Ramanasramam dès quil avait du temps libre. En
lespace dun an, environ, il tomba
complètement amoureux de la forme de Shri Ramana et
ne supportait pas den être séparé
pendant très longtemps.
Au milieu de lannée 1947, après que la
frontière entre les nouveaux états du Pakistan
et de lInde fut démarquée, les hindous
et les musulmans vivant de chaque côté de la
limite entamèrent une migration de masse : les
hindous se rendirent du Pakistan en lInde et les
musulmans allèrent de lInde au Pakistan. La
tension était à son comble et de nombreuses
personnes furent tuées lors daltercations.
Hariwansh, qui demeurait alors à Ramanasramam
navait pas connaissance de tout ceci, car il ne lisait
plus les journaux et ne senquérait pas non plus
des nouvelles. Cependant, lun des disciples de Shri
Ramana, qui savait quune partie de la famille de
Hariwansh demeurait du côté pakistanais de la
frontière, en informa Shri Ramana. Celui-ci conseilla
à Hariwansh de rentrer à Lyalpur et
daccompagner sa famille pour la mettre en
sécurité du côté indien.
Hariwansh nétait pas disposé à
partir, car il néprouvait plus aucune
affinité avec sa famille, ni ne se sentait
responsable envers elle, mais Shri Ramana le persuada
quil était encore de son devoir de
soccuper delle. À contrecur,
Hariwansh quitta Ramanasramam et rapatria trente-cinq
membres de sa famille vers lInde dans le dernier train
à quitter le Pakistan. Une fois que ce train avait
passé la frontière, les rails qui reliaient
les deux pays étaient arrachés.
Les membres de la famille Poonja, qui nétaient
guère plus que des réfugiés sans le
sou, sétablirent alors à Lucknow, dans
lÉtat aujourdhui appelé Uttar
Pradesh. Hariwansh était obligé de rester
auprès deux pour travailler, car la famille
avait très peu de ressources pour subvenir à
ses besoins. La plupart de ceux qui avaient traversé
la frontière avec Hariwansh étaient des femmes
dans limpossibilité de trouver du travail.
Cest en raison de ces obligations familiales que
Hariwansh neut plus jamais la possibilité de
revoir Shri Ramana.
Au début des années cinquante, après le
décès de Shri Ramana, Hariwansh retourna
à Tiruvannamalai avec lintention dy vivre
en tant que sadhou, mais la destinée avait pour lui
dautres projets. Après un court séjour
dans les environs de Shri Ramanasramam, il fit un voyage
à Bangalore où on lui proposa un travail comme
administrateur dans une compagnie minière. Il accepta
loffre principalement afin de pouvoir subvenir aux
besoins de sa famille et pendant les quinze années
qui suivirent, jusquà sa retraite en 1966, il
travailla dans plusieurs mines du Karnataka et de Goa.
Une fois le travail abandonné, il se mit à
voyager dans toute lInde, même si son endroit
préféré semblait avoir
été Haridwar, une ville sainte sur les rives
du Gange au pied de lHimalaya. Bien quil ne se
soit jamais proclamé maître, où
quil aille, il attirait toujours de petits groupes de
disciples. La taille de ces groupes sagrandit
progressivement à partir du moment où il
commença à passer plus de temps parmi les "
chercheurs spirituels " qui se regroupaient dans les divers
centres qui bordent les rives du Gange à Rishikesh et
à Haridwar.
Entre 1970 et 1990, il voyagea beaucoup, en Inde et à
létranger, la plupart de ses
déplacements ayant été effectués
à la demande de disciples désireux de le
rencontrer. Il sopposa à toute tentative de
création dashram ou de centre, leur
préférant des rencontres avec de petits
groupes au sein de leur propre communauté. À
la fin des années quatre-vingt, alors que sa
condition physique ne lui permettait plus de voyager seul,
il sétablit à Lucknow, dabord dans
la demeure familiale du centre-ville, et ensuite, à
partir de 1991, dans une maison de la banlieue dIndira
Nagar. Cest là quil passa les
dernières années de sa vie, donnant des
satsang quotidiens et se rendant occasionnellement pour de
brefs séjours sur les rives du Gange. Il
décéda en septembre 1997.
Jai, dans cette introduction, fait
référence à lui sous le nom de "
Hariwansh " puisque cest le premier de ses
prénoms, mais, tout au long de sa vie, il a
été connu sous des noms divers. Sa
mère, par exemple, lappelait " Ram " à
la maison, et, pendant une courte période, il fut
connu sur les contreforts de lHimalaya sous le nom de
" Scorpion Baba ", en raison de sa capacité à
guérir les morsures de scorpion. Autour de 1990, on
lui donna le nom de " Papaji ", ce qui signifie "
Père respecté ", et ce titre honorifique
était utilisé par quasiment tout ceux qui
venaient le voir pendant les dernières années
de sa vie.
Papaji a toujours nié délivrer quelque "
enseignement " que ce soit. Cependant, ce quil
possédait était une capacité
surprenante à donner, à ceux qui
sadressaient à lui, un aperçu direct du
Soi. Dans les pages qui suivent, on peut voir combien, avec
tendresse et empressement, il amenait ses visiteurs à
regarder au-dedans deux-mêmes afin de prendre
conscience de la pure expérience du Soi que Papaji
décrit comme étant là en permanence,
simplement en attente dêtre admis et reconnu. Sa
méthode ne comprenait aucun encouragement à
sen aller méditer et à pratiquer, avec
comme objectif à long terme une grande
expérience spirituelle ; elle consistait
plutôt à montrer à ceux qui venaient
à lui que la conscience de Soi était possible
ici et maintenant en regardant à lendroit,
où la pensée et le sentiment
dindividualité personnelle prennent
naissance.
Les dialogues qui composent cet ouvrage sont tirés de
conversations qui se sont tenues dans sa maison
dIndira Nagar en 1991 entre Papaji et ses visiteurs.
À cette époque, dix à quinze personnes
venaient le voir chaque jour. Les cassettes audio
dorigine ne sont pas datées, mais je me suis
adressé à plusieurs personnes qui
étaient présentes et jai pu
établir que les satsangs se sont tenus pendant les
mois de juillet et août de cette année. Bien
que certaines voix des enregistrements me fussent
familières, jai préféré ne
pas les identifier dans le livre. Ainsi, toutes les
contributions des visiteurs sont signalées par : "
Question ".
Comme les intervenants étaient principalement des
Occidentaux, Papaji utilisait rarement des termes techniques
issus des Écritures et de la philosophie hindoue.
Cependant, certains apparaissent ici et là, et,
sil nont pas été traduits dans le
texte même entre parenthèses, leur sens a
été donné dans un glossaire figurant
à la fin de louvrage.
Papaji a toujours certifié quune force
était présente dans les paroles des
êtres éveillés, une puissance qui
facilite lexpérience directe vécue par
ceux qui les écoutent. Je suis convaincu que cette
force est toujours accessible à ceux qui
nauraient jamais rencontré Papaji en personne,
et qui ne lont connu quà travers les
vidéos ou les textes. Jai un jour
demandé à Papaji sil était
daccord au sujet de lexistence de disciples "
matures " et dautres " immatures ", dans le sens
où certains étaient prêts à vivre
lexpérience du Soi et que dautres ne
létaient pas. Il me répondit ne
reconnaître que deux catégories : ceux qui
étaient capables découter correctement,
et ceux qui ne le pouvaient pas. Si vous écoutez ce
que dit Papaji correctement, avec un esprit
complètement silencieux et réceptif, et que
vous regardez dans la direction vers laquelle son
" enseignement " vous dirige, le pouvoir du Soi qui a
produit ces mots se révélera à
vous.
David Godman, Tiruvanammalai
|