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UG est né le
9 juillet 1918, dans une famille Brahmine de langue
télugu à Masulipatam, une ville
côtière de l'état d'Andhra Pradesh en
Inde. Il perdit sa mère alors qu'il avait 7 jours et
fut élevé par son grand-père maternel
qui était un éminent avocat fortuné et
membre important de la Société
Théosophique. UG a grandit dans un milieu inhabituel
; un mélange de Théosophie, de croyances et de
pratiques religieuses Hindoues orthodoxes. Même
garçon, il était rebelle, tout en étant
brutalement honnête dans tout ce qu'il faisait.
Il reçut son éducation dans la ville de
Gudivada et suivit son cursus universitaire en philosophie
et psychologie à l'université de Madras. Mais,
l'étude des divers systèmes philosophiques et
de la psychologie occidentale ont eu très peu d'effet
sur lui. " Où est ce mental dont ces types n'ont
cessé de parler ? " demanda-t-il un jour à son
maître de psychologie. Cette remarque était
extraordinaire pour un élève d'à peine
vingt ans, surtout alors que les idées de Freud
faisaient référence en matière de
mental humain.
Entre les âges de 14 et 21 ans, UG séjourna par
intermittences sur sept années à Rishikesh
où il pratiqua le yoga et la méditation
auprès de Swami Shivananda. Là-bas, UG eut
diverses visions et expériences mystiques, mais il
remit leur validité en question, car il pensait qu'il
ne pouvait seulement les reconnaître en raison de la
connaissance qu'il en aurait eu au préalable.
En 1939, alors qu'UG avait vingt-et-un ans, il fit le
déplacement pour rencontrer Sri Ramana Maharshi et
lui demanda : " Cette chose appelée 'Moksha',
pouvez-vous me l'octroyer ? " La réponse de
Ramana : " Je le peux, mais pouvez-vous l'accepter ? " le
frappa tel un " éclair " et le poussa vers une
incessante quête de vérité qui se
termina à l'âge de 49 ans, avec un
résultat complètement inattendu.
Après avoir quitté l'université, UG
rejoignit la Société Théosophique comme
conférencier et parcourut le pays donnant des
conférences au sujet de la Théosophie.
Même après son mariage avec Kusuma Kumari en
1943, il continua à travailler pour la
Société Théosophique et à donner
des conférences en Europe, jusqu'à ce qu'en
1953 il se rendit compte que ce qu'il faisait n'était
pas en accord avec son soi véritable et,
dégoûté, il démissionna du poste.
Peu après, il rencontra J. Krishnamurti, qui
était déjà célèbre en
tant qu'enseignant spirituel non-conventionnel. UG le
côtoya irrégulièrement pendant deux ans
et l'engageait dans de houleuses conversations au sujet de
la spiritualité, mais plus tard, il dut rejeter la
philosophie de JK, la qualifiant de " voyage organisé
falsifié ".
Pendant cette période, UG subit une expérience
mystique dont la transformation eut un effet permanent sur
sa vie et qu'il qualifie parfois " d'expérience de la
mort ". Mais il " mit l'ensemble de côté "
comme n'ayant aucune importance et continua de l'avant,
cherchant, creusant, vérifiant et questionnant chaque
expérience jusqu'au bout.
En 1955, UG partit avec sa famille pour les
États-Unis pour soigner la polio de son fils. Lorsque
ses ressources diminuèrent, il donna des
conférences payantes. Ses conférences
traitaient des principales religions et philosophies du
monde ; rapidement il fut reconnu comme un enseignant
raffiné de l'Inde. Mais, comme auparavant, il perdit
tout intérêt pour cette activité
à la fin de la deuxième année et
l'inévitable se produisit. Son mariage de dix-sept
ans fut rompu. Sa femme retourna en Inde avec les enfants.
Et, UG se laissa porter par le courant des choses.
Après de longues pérégrinations sans
but à Londres et à Paris, tel une feuille
morte que le vent emporte de ci de là et n'importe
où, il se retrouva à Genève et trouva
enfin refuge dans le chalet de Valentine de Kerven à
Saanen. Des expériences incroyables avaient
commencé à lui arriver et son corps
était comme de la " balle de riz brûlant de
l'intérieur ". C'était le prélude
à sa " mort clinique " survenue à son
quarante-neuvième anniversaire (en 1967) et le
début de transformations et d'expériences
physiques fulgurantes qui le catapulteraient dans un
état difficile à comprendre dans le cadre des
traditions ou des mystiques de l'illumination connues
jusqu'ici. Sept transformations des plus déroutantes
ont pris place durant sept jours. A la fin, UG se retrouva
dans " l'état naturel ". Ce fut une révolution
des cellules, une mutation biologique complète.
En 1972, UG donna sa première conférence
publique à l'Institut Indien de la Culture Mondiale
à Bangalore. Plus jamais il ne donna de
conférences après. Mais il n'arrêta, ni
ne put empêcher les gens qui venaient le consulter. Il
donnait suite à leurs requêtes, et
répondait à leurs questions d'une façon
qui lui était propre. Il logeait
généralement chez des amis ou dans de petits
appartements loués, mais ne demeurait jamais dans un
endroit plus de six mois. Il ne donnait pas de
conférences et ne faisait jamais de discours. Il
n'avait pas d'organisation, ni de bureau ou de
secrétaire et ne possédait pas d'adresse fixe.
Bien qu'il répétait sans cesse qu'il n'avait "
aucun message pour l'humanité ", l'ironie voulait que
des milliers de gens du monde entier ne le voyaient pas
ainsi et se précipitaient pour voir et écouter
son " anti-enseignement ". Le premier livre : "
L'éveil est un mythe, entretiens déroutants
avec UG." (The Mystique of Enlightenment - The unrational
ideas of a man called UG, édité par Rodney
Arms) fut publié en anglais en 1982. En 1986, il
devint connu et accorda sa première interview
télévisée, qui serait bientôt
suivie par nombreuses autres interviews à la
télé et à la radio dans le monde
entier. UG entra dans l'histoire de l'édition en
interdisant tout copyright sur ses textes, il déclara
: " Mon enseignement, si c'est le terme que vous voulez
utiliser, n'a aucun copyright. Vous êtes libre de le
reproduire, le distribuer, l'interpréter, le
détourner, le brouiller, faites ce que vous voulez,
même de proclamer que vous en êtes l'auteur,
sans mon accord ou la permission de qui que ce soit ".
Pendant ces sept dernières années à
Bangalore, il ne s'engageait que très rarement dans
des conversations sérieuses. Il se lançait
plutôt dans une activité au lieu de
répondre à des questions épuisantes,
car il trouvait que toutes les questions (sauf dans le
domaine technique, qui est une chose différente)
n'étaient que variations sur un même
thème qui sans cesse tournait autour " d'être "
et de " devenir ". Il y avait de longue périodes de
silence complet. Cela en devenait gênant ; mais
c'était aussi un grand soulagement du fardeau de la
connaissance. Puis, UG commençait à jouer
à ses petits " jeux " énigmatiques ou invitait
des amis à chanter, danser et à partager des
blagues. La pièce entière explosait de rires :
drôles, fous, sombres et apocalyptiques ! Enfin
libérés de la tyrannie de la connaissance, de
la beauté, de la bonté, de la
vérité et de Dieu, nous nous moquions et nous
plaisantions de tout, riant des héros et des amants,
des penseurs et des politiciens, des scientifiques et des
voleurs, des rois et des sages, y compris d'UG et de
nous-mêmes !
Qui était donc cet UG ? Quel genre de personne
était-il ? Il était l'être le plus
énigmatique que vous pourriez rencontrer : gentil et
cruel à la fois, le plus aimant mais
sévère, toujours en train de parler d'argent,
en apparence en train d'en " soutirer " à ses amis,
et pourtant donateur des plus généreux ; il
paraissait abusif et enclin à punir, mais noyait
d'affection cette même personne à la seconde
qui suivait ses réprimandes ; il était
entièrement insouciant et en même temps inquiet
de ce qui pourrait arriver à quiconque se tenait
devant lui ; il dirigeait les gens d'instructions
précises tout en acceptant complètement le
résultat quel qu'il soit ; il faisait preuve d'une
logique à toute épreuve tout en s'exprimant de
façon on ne peut plus contradictoire. Pour un homme
qui se plaignait de nous voir constamment
préoccupés par autre chose que ce qui se
déroule devant nous dans le présent, il ne
faisait que parler de lui-même et de son passé.
Il était impossible de mesurer les véritables
intentions d'UG derrière ses paroles ou ses
actions.
Ses réponses à nos questions jaillissaient
telles des flèches perturbantes pour nos esprits. Il
était connu non seulement pour détruire les
édifices que nous avons si délicatement
construits dans nos esprits, mais il démolissait
également les fondations de la pensée humaine
dans son ensemble. UG était véritablement
énigmatique, subversif, révolutionnaire, et
sans peur aucune.
Il y avait une énergie unique chez UG : dans la
parole ou dans l'immobilité, c'était constant
et vibrant et avait un effet profond sur ceux qui le
côtoyaient.
Et, que ceci soit bien clair : Quand UG rejetait la notion
de l'âme, ou atman, et qu'il déclarait que
notre recherche de permanence était la cause de notre
souffrance, on aurait dit le Bouddha. Quand il foudroyait
tous les discours spirituels comme " balivernes " et
trucidait les maîtres spirituels en les qualifiant "
d'imbéciles heureux ", nous pensions aux paroles de
feu et injurieuses du grand mystique chinois du 9è
siècle, Rinzai Gigen déclarant : " Je n'ai
point de dharma à transmettre... Il n'y a pas de
Bouddha, ni de Dharma, ni d'entraînement, ni aucune
réalisation... ". Lorsqu'il parlait de " l'affection
" en termes " d'à-coups " ressentis au niveau de la
thyroïde, nous faisions le lien avec ce que disait Sri
Ramana au sujet du " cur véritable "
situé du côté droit de la poitrine. En
outre, nous faisions également un lien entre ses
paroles radicales et certaines expressions ou
déclarations de l'Avadhuta Gîta, l'Ashtavakra
Gîta, des Upanishads, des koans zen et nous les
comparions aussi aux enseignements de J. Krishnamurti, de
Nisargadatta Maharaj et même aux paroles des "
déconstructionistes " postmodernes. Nous pourrions
continuer ainsi nos comparaisons et connections, mais cela
ne nous a été d'aucune aide pour se faire une
idée de ce mystère que fut UG !
Ce mystère, cette énigme, n'est plus. Un jour,
il y a de ça environ deux ans, quand Mahesh Bhatt lui
a demandé : " UG, comment aimeriez-vous que l'on se
souvienne de vous ? " UG lui a dit : " Quand je serai mort
et disparu, il ne doit rien demeurer en vous ni hors de
vous. Je suis parfaitement capable de m'assurer qu'aucun
établissement ou institution que ce soit ne pousse
autour de moi quand je suis en vie. Mais, comment vais-je
pouvoir empêcher tous ces types que vous êtes de
m'enchâsser dans vos cerveaux ? "
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