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SIDDHARAMESHWAR
MAHARAJ
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" JE
NE
SUIS
PAS
LE
CORPS "
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"
La compréhension de soi-même rend omniscient et
éternel. "
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NTRODUCTION
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Siddharameshwar
Maharaj est né en 1888 à Pathri, un
petit village du district de Sholapur dans
l'état du Maharashtra, en Inde. Il a
réalisé le Soi à travers la
voie de la méditation enseignée par
son Maître Bausaheb Maharaj. La
méditation est un chemin long et difficile
que l'on nomme " le chemin de la fourmi "
[pilpilya marg] dans la philosophie
hindoue. Siddharameshwar Maharaj enseigna plus tard
" le chemin de l'oiseau " [vihanga marg],
c'est à dire le chemin de la connaissance,
de la compréhension ; c'est la voie directe
de la réalisation du Soi. Une fourmi peut
mourir en chemin avant d'atteindre la cime de
l'arbre alors que l'oiseau vole de branche en
branche avec grande d'aisance.
Bien qu'il enseignait aussi les principes de la
non-dualité [Advaita Vedanta],
Siddharameshwar Maharaj s'est distingué de
l'enseignement classique en bien des domaines. En
effet, il insistait sur le fait que le Maître
doit dévoiler le but ultime sans attendre
que le disciple ait franchi un certain nombre
d'étapes sur la voie de la connaissance de
soi, comme le préconisent certaines
méthodes traditionnelles. L'enseignement
classique pose en effet pour condition
première le renoncement au monde alors que
pour Siddharameshwar Maharaj il est
nécessaire de comprendre avant de renoncer.
Le renoncement sans la compréhension n'a
aucune valeur. Il devient possible pour le
disciple, quand par la compréhension, il
peut discerner l'essence de l'apparence. Mais
Siddharameshwar Maharaj nous dit que le renoncement
est encore du domaine de l'ego, aussi demandait-il
ensuite à ses disciples de renoncer au
renoncement. L'origine du monde est le zéro
et sa fin également, alors puisque ce n'est
rien, à quoi renonce-t-on ? Le disciple
retourne alors dans le monde, mais en sachant que
tout n'est qu'illusion. La source de la conscience
ou connaissance [sat-chit-ananda] est
encore une illusion, la Réalité est
au-delà de l'ignorance et de la
connaissance.
Enfin, Siddharameshwar Maharaj utilisait un langage
simple et clair, dénué de concepts
philosophiques compliqués. Grâce
à cette simplicité, il a rendu la
Réalité accessible à tous sans
distinction, puisque nous sommes tous Elle.
Où est donc la difficulté et combien
de temps cela prend-t-il pour accomplir ce que nous
sommes déjà ? Il n'y a ni temps ni
espace entre nous et nous-même.
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Siddharameshwar
Maharaj était un Maître d'une
envergure exceptionnelle qui a donné la
compréhension ultime à de nombreux
disciples, dont Ranjit Maharaj et Nisargadatta
Maharaj, avant de quitter son corps à
l'âge de 48 ans en 1936.
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SATSANG
DU
29
NOVEMBRE
1928
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Tout
ce qui est perçu par
lintermédiaire du mental et de
lintellect doit être vaincu et
dépassé. Etant le produit de notre
propre concept, le monde matériel doit
être transcendé. Il ne restera plus
alors que la pure conscience. La conscience
même est née de lignorance.
Cest à cause de lignorance que
nous sommes " conscient " !
Vidya-maya [illusion ou voile de la
connaissance-conscience], une impulsion
spontanée, donne naissance à un
concept qui est au début sous une forme
latente [subtile]. Au moment où ce
concept revêt une forme plus
grossière, ou forme objective, la vidya-maya
se transforme en avidya-maya [dualité :
illusion ou voile de lignorance ou conscience
objective] laquelle donne naissance à la
connaissance objective.
La pureté est un état au sein duquel
il nexiste aucune trace du sentiment
" je suis le corps ". Votre
identification au corps naurait jamais eu
lieu si lintelligence ne sétait
associée au corps physique. Donc,
débarrassez-vous des pensées qui
concernent votre corps et de lidée que
vous êtes ce corps. Alors la pure
connaissance de votre Soi [Atman] brillera
dans toute sa splendeur, et vous-même en
serez le témoin. Sakshi, le témoin,
ou spectateur, signifie : celui qui
possède lil de la
véritable connaissance de soi.
Quel que soit létat dans lequel se
trouve votre corps : létat de veille,
du sommeil ou du rêve, le Soi demeure
inchangé. A létat de veille,
lâme du mortel est appelée
vaishva-bhimani atman : le Soi qui est
conditionné par le monde et qui en retire
l'orgueil du " je ". Dans létat de
rêve, lâme est appelée
tejas, ou Soi lumineux. Comme la connaissance
objective persiste dans turiya, le quatrième
état, ce dernier nest pas la
véritable connaissance non plus. Au sortir
du sommeil profond, vous devenez conscient de
vous-même en tant que " je suis ",
cette conscience est naturelle, spontanée et
varie dintensité selon les personnes.
Cest ainsi quil vous arrive parfois de
ne pas savoir où vous êtes quand vous
vous réveillez. Mais presque aussitôt
vous êtes conscient de vous-même dans
le sens profane de : " Je suis un tel, une
telle. " On appelle cette
conscience dêtre quelque chose ou
quelquun : connaissance individuelle. Quand
vous vous réveillez et que vous oubliez
Paramatman [lAtman suprême ou
âme universelle.], vous descendez du plus
haut niveau de la conscience, cest à
dire du
sat-chit-ananda [existence-conscience-félicité
], au niveau le plus bas. La descente est
naturelle et inévitable ; elle se produit
pour toutes les créatures [jiva]. La
conscience limitée par le corps est
appelée Atman.
Dès que lidentification au corps est
abandonnée, la conscience est Parabrahman ;
vous êtes transfiguré, vous devenez le
suprême, labsolu, celui qui est
au-delà de Brahman. En clair, dès que
cesse lidentification au corps, latman
qui était limité par le corps est
transfiguré en Parabrahman. Tout ce qui est
vu ou ressenti est tangible,
éphémère et
imprégné de souffrance. Cela signifie
que tout ce qui est expérimenté par
les dix sens, le mental et lintellect,
nest pas vous ; ce nest pas
réel. Le Soi est le témoin de tout ce
qui est vu par le mental, lintellect etc.
Létat dans lequel on ressent :
" Je suis le témoin,
lobservateur ", est appelé
turiya, le quatrième état. La
dualité existe toujours dans cet état
où lobservateur et la chose
observée sont tous deux présents, ce
qui implique donc la dualité.
Lobservateur nest encore quune
idée, un concept. Cet état nest
donc pas celui de la véritable connaissance
puisque la dualité est toujours là.
La connaissance véritable est atteinte dans
létat dunité totale,
lequel ninclut rien qui
serait " autre ". La conscience est
altérée alors que Paramatman est non
altéré et rien ne laffecte.
Quand le Paramatman pur se transforme en un " je "
particulier imprégné dego et
que lon échoue à comprendre que
le monde matériel dans sa totalité,
est illusoire, alors lego persiste, et
lon reprendra naissance. Lego est
responsable de votre naissance, cest lui, le
" je ", qui prend naissance. Vous prenez un corps
et le cycle du désir et de la peur, du " je
" et du " mien " recommence. Bien que le corps soit
impur, Rama le Seigneur réside en lui, car
il est omniprésent ; il se trouve donc aussi
dans limpur [cest le corps plein de
désirs et de peurs que lon appelle ici
" impur "]. Vous ne trouverez la paix
et natteindrez la connaissance quune
fois débarrassé du désir et de
la peur. Autrefois, à lautomne de leur
vie, les gens se retiraient de
lactivité du monde profane et
sisolaient dans la forêt pour trouver
la paix. Isolez-vous avant quil ne soit trop
tard, avant que la conscience en vous ne fasse le
saut final ! Laspirant doit toujours
rester centré sur sa recherche, garder en
lui létincelle vivante qui suffira
à embraser le feu de la connaissance. La
connaissance : " Je suis Brahman " peut
être atteinte, mais comment ?
Méditez sur : " Comment être
Brahman ? " Si vous y
réfléchissez profondément, ce
que vous trouverez sera vous-même, votre Soi.
Cest un exercice qui vous sera grandement
bénéfique. Le fait que vous vous
soyez oublié est lobstacle que vous
devez surmonter par la réflexion et la
méditation ; la connaissance sensuivra
automatiquement.
Maintenant vous êtes transformé, le
changement sest opéré pour
durer car vous êtes uni à jamais au
Soi. Le mental nexiste que lorsquil y a
changement, altération. Sans changement, pas
de mental, ou plutôt, pas de mouvement, ou
séparation, dans le mental. La connaissance
est atteinte lorsque lon a exploré et
compris lorigine des êtres
animés et inanimés. Elle est atteinte
parce quen effet, cette origine réside
dans la connaissance même. La connaissance
est lorigine du monde, cest une
évidence en soi qui na besoin
daucune preuve extérieure, mais vous
ne pouvez lacquérir que lorsque vous
vous immergez totalement dans létat
naturel.
Létat
naturel est le summum
Méditation et pratique viennent ensuite,
Vaine est ladoration de lidole et
Le pèlerinage est ce quil y a de plus
bas.
Quand
vous atteignez la connaissance, vous transcendez
lespace. Semblablement, une fois
retrouvée lorigine, à la fois
de lêtre animé et de
lêtre inanimé, vous
dépassez les limites de lespace, vous
nêtes plus limité. Vous
comprenez alors la nature de votre Soi, car
vous-même possédez la forme de la
connaissance du Soi. Cest grâce au Soi
que vous pouvez connaître et
différencier lanimé de
linanimé. " Dieu mest
redevable, à moi le Soi, de sa nature divine
qui est ma propre expression. La pluie tient aussi
sa propriété intrinsèque de
moi, le Soi. " Il est aussi ce qui anime le
corps ; si votre jambe peut se mouvoir, cest
grâce à lui. Ainsi, le Soi est le tout
puissant, il est Dieu. Celui en qui le Soi demeure,
est investi du pouvoir absolu de qualifier et de
mesurer tout ce quil perçoit. Il ne
tient quà lui également de
considérer ce quil voit comme vrai ou
faux. Sil se concentre sur ce qui est
irréel, il en sera profondément
affecté, car le monde illusoire revêt
un masque de Réalité, mais si au
contraire, il se concentre sur ce qui est vrai, il
se focalisera automatiquement sur le tout-puissant
sans même le savoir et le rencontrera
inévitablement.
Le tout-puissant
demeure à lintérieur
Si vous le cherchez ailleurs
Vous vous trompez de chemin
Vous vous égarez, dit Dnyanadeva
Il
demeure dans le cur de chacun, il est en
tous. La vénération des idoles
nest un réconfort que pour
lignorant. La plupart des aspirants sen
remettent à la méditation mais celui
qui est mûr plonge sans hésitation en
lui-même. Immergé dans son état
naturel du " je suis ", il demeure
à jamais dans la
félicité ! Le pèlerinage
nest quune consolation pour le pauvre
des pauvres. Vénérer les idoles,
cest arracher la fleur vivante pour
loffrir à une image inerte ! Vous
vénérez lidole du seigneur
Satya-Narayana [dieu créateur] mais
vous ne comprenez pas quelle est
irréelle, car lidole est
périssable. Le pèlerin est comme la
rivière qui séloigne de sa
source et se perd à jamais. La
rivière coule à flots pour se perdre
dans locéan, son eau douce devient
alors saumâtre et elle disparaît sans
laisser trace. Si comme la rivière vous vous
éloignez de votre état originel dans
la recherche effrénée de la
gratification de vos désirs, vous serez
emporté et voué à la ruine.
Quand vous retournez à votre origine, la
connaissance que vous atteignez est la
véritable connaissance du Brahman. Pour
acquérir cette dernière, vous devez
tout dabord abandonner toutes les mauvaises
habitudes et les tendances que vous avez
accumulées aux pieds du Maître. Vous
les verrez alors s'étioler pour
disparaître. Mais vous ne voulez pas vous
connaître ! Vous nessayez jamais
de vous voir, vous voulez voir le monde
phénoménal [jagat]. Jagat
signifie aussi ce qui est terminé,
passé. Arrêtez de revenir sans cesse
sur le passé. Vous êtes tellement
occupés à regarder le monde et
à revivre le passé que vous en
oubliez totalement le présent.
Concentrez-vous sur le présent, cest
tout ce qui importe. Tournez le dos au passé
et nanticipez pas plus le futur . Vous
navez prise ni sur le passé ni sur le
futur.
Les Pandavas et leurs cousins les Kauravas se
disputaient la couronne. Une profonde
animosité régnait entre eux. A
dessein les Kauravas entraînèrent
leurs cousins dans lenceinte dune
maison quils incendièrent. Les
Pandavas ne durent leur salut quà
lhabileté de lun des leurs,
Bhimasena, le fils du vent [vayu]. Comme
les Pandavas, vous avez été
entraîné dans lillusion du monde
et vous êtes piégé dans ses
labyrinthes. Hanté par le passé ou
dans la crainte du futur, vous vous retrouvez
prisonnier des filets de lillusion.
Séchapper étant impossible,
vous êtes condamnés à mourir.
Votre seul recours maintenant cest le
Maître, il est le rédempteur. Ses
seuls conseils vous mettent hors de danger.
La compréhension de soi-même rend
omniscient et éternel. Alors seulement, on
connaît la création de lunivers,
son équilibre et sa destruction. Nous
comprenons le tout, car nous sommes la connaissance
même. Nous observons que nous sommes la
manifestation de la connaissance. Quand notre
être profond, notre existence, brille de la
connaissance, notre suffisance vole en
éclats. Le sens aigu de notre importance est
réduit à néant.
Au temple nous tournons autour de la statue de
Shiva [le dieu de la destruction et de la
dissolution] dans lintention de plaire
à la déité et de nous
élever jusquà elle pour
parvenir à létat de Shiva. Dans
le sens des aiguilles dune montre, nous
faisons tout dabord la moitié
dun tour, puis nous revenons sur nos pas
jusquà notre position initiale, puis
nous reprenons dans le même sens
jusquà ce que lautre
moitié soit parcourue. Enfin, nous revenons
encore à la position initiale. Ceci est bien
entendu symbolique : parcourir la
moitié dun cercle dans le sens des
aiguilles dune montre signifie uvrer
dans le but datteindre la connaissance. Mais
au final, cette connaissance aussi doit être
éliminée de manière à
ce que lego ne puisse pas resurgir,
voilà la signification du parcours de la
deuxième moitié dans le sens inverse.
Le tour complet de Dieu signifie que la
créature mortelle est transfigurée en
Shiva immortel.
Dans la pratique, le Maître explique tout,
mais vous devez vous abandonner à lui.
Acceptez et pratiquez ce quil vous dit, la
connaissance de Soi sensuivra
automatiquement. Cette connaissance
possèdera encore malgré tout des
réminiscences dego quil
conviendra déliminer
complètement. Seulement ceci une fois
accomplit, vous êtes transfiguré en
Shiva, limmortel.
Le soleil ne sait pas quelle heure il est, si
cest le matin, laprès-midi ou le
soir, il ne sait même pas ce quest un
jour. Cest nous qui lavons
décidé, de plus nous lavons
déterminé en fonction de notre
tête ! Midi est le moment de la
journée où le soleil est juste
au-dessus delle. Mais le soleil nest
pas limité par le temps, tout comme le
Brahman [lAbsolu immuable et
éternel] nest pas limité
par lespace. Le Brahman ne peut être
défini en termes despace, il
nappartient à aucun lieu en
particulier, il est omniprésent. Il est plus
petit que la plus petite des choses et plus grand
que la plus grande ! Il est parfait et se
suffit à lui-même, mais ce que vous
êtes réellement est antérieur
à Brahman et le dépasse
infiniment.
" La créature mortelle qui appartient
au monde est une partie de moi, le Soi
immortel. " [Bhagavad
Gîta] " Cest parce que je
suis, que le mortel existe, il mest
redevable, à moi, le Soi, de tous ses
pouvoirs. " Limpulsion de son pouvoir
limité vient du pouvoir illimité du
Soi. Doù la mangue tient-elle ce
goût si suave si ce nest
du Soi ? Dès que vous comprenez et
expérimentez que vous êtes le Soi, le
sentiment dêtre ceci ou cela
sévanouit totalement. Le Soi est
altéré lorsquil revêt la
forme mortelle. Les premiers pas sur le chemin
spirituel débutent par la
répétition du Naam mantra que donne
le Maître. Au sens littéral, naam
signifie : je [lego] ne suis
pas. Le Maître nous donne un mantra tout en
nous expliquant : " Je nexiste
pas. " De cette source jaillira la
vérité ultime.
Lorigine des Écritures sacrées
des Védas nest pas humaine ; elles ont
été directement
révélées par lÊtre
suprême, Brahman. On les appelle
Shruti : " Ce qui est entendu. "
Sarasvati est la déesse de
lapprentissage du savoir, elle est la
mère des Veda. Cest pour cela
quon lui rend grâce avant
dentamer toute étude spirituelle. Vous
devez lui rendre hommage en la
vénérant pour bien entamer votre
étude, car rappelez-vous que ce qui est bien
commencé est déjà à
moitié accompli !
Vénérez, en vous transformant
vous-même en lobjet de votre
vénération. Y a-t-il meilleure
façon de vénérer la
mère des Védas que
découter et dentendre la parole
du Maître ?
Grâce est enfin rendue à Sarasvati, la
déesse de la connaissance, lorsque le
disciple ayant atteint la réalisation de
Soi, commence lui-même à dispenser
cette connaissance. Mais pour cela, il doit
dabord avoir entendu et mis en pratique
lenseignement du Maître. Cest la
seule façon dapprendre que le seul et
unique embrasse lunivers entier. Qui est le
véritable dévot de la déesse
Sarasvati ? Cest celui qui est tout
ouïe, totalement absorbé dans
lécoute du sermon. Ce qui est entendu
ne senracinera en lui que de cette
façon. Le Maître nest satisfait
que lorsque vous mettez en pratique ce quil
vous a enseigné.
Les quatre corps [manifestations] du
Maître que le disciple perçoit et
expérimente sont les suivants : Le
premier est le corps physique visible du
Maître, le deuxième corps est
lexpérience et les fruits que le
disciple retire de la pratique de la
méditation du mantra. Le troisième
est la capacité à voir par
lui-même si les signes de ce quil a
acquis, alors que lenseignement du
Maître grandit en lui, coïncident avec
ceux du Maître. Le quatrième corps du
Maître est la connaissance quacquiert
enfin le disciple. Le Maître est le seul qui
peut laider à traverser et à
surmonter les deux phases de la vie : celle du
monde et celle du chemin spirituel. Votre unique
refuge est aux pieds du Maître, il est votre
base. Le mantra et son enseignement sont les
véritables " pieds du Maître ".
Dans le monde spirituel, seules existent deux
entités : le Maître, qui est la
connaissance incarnée et le disciple, qui,
étant aveugle et ignorant, ne peut agir que
sur les indications du Maître. Le
Maître lélève
jusquà lui en laidant à
assimiler la connaissance quil dispense. On
doit donc écouter la parole spirituelle,
méditer et réaliser
lunité avec le Soi. Tout ceci est dit
dans le but dinciter lêtre
ignorant à emprunter le chemin du
disciple.
Ne dites pas : " Je suis le corps ",
mais dites plutôt : " Je vis dans le
corps. " Le propos de cet exposé est
daider lignorant qui pense : " Je
suis le corps ", à se libérer.
Bien que vous soyez le Soi, vous persistez à
croire que vous êtes cette petite
créature, doù
lémergence de la conscience du corps.
Cest pour vous convaincre que vous
nêtes pas seulement un corps, que je
vous parle et je vous conseille, la connaissance du
Soi minspire à vous délivrer ce
message.
Si le Soi nillumine pas lintelligence
de lhomme, ce dernier reste dans
lignorance. Dabord, la conscience
interne prend forme, et cest ensuite que
limpulsion de la parole surgit. Cette
conscience interne est la fontaine de la
connaissance. Limpulsion première de
la parole y demeure sous une forme subtile, ensuite
elle surgit du nombril pour se manifester. Un
concept jaillit dans la conscience et
limpulsion de la parole, issue de
létat latent, assume maintenant une
forme plus définie. Puis elle progresse vers
le cur et sa forme se précise, mais
elle nest toutefois pas encore audible. A ce
stade on lappelle Pashyanti [un son qui
se développe en direction du visible].
Au stade suivant, le concept se transforme en
conviction, et parallèlement la parole
sélève jusque dans la gorge et
le son devient audible mais pas encore
articulé. Ce murmure est nommé
Madhyama. Cest larticulation
ténue du concept. Tandis que la conviction
prend forme et se manifeste, le monde illusoire
surgit simultanément. Maintenant la parole
atteint les lèvres, elle est
entièrement formée et son expression
parfaitement audible. A ce stade, elle est
Vaikhari.
Le véritable dévot est celui qui
simmerge totalement en Dieu, la
séparation entre le " je " et le " vous "
est illusion. Si vous rencontrez le guide qui vous
dévoile la nature
éphémère et futile du
désir pour les choses du monde, vous
réaliserez que lexistence mondaine est
sans valeur. Vous serez alors
détaché. Quest-ce que le
détachement ? Cest le sentiment
que tout, du plus insignifiant comme une brindille
dherbe par exemple, jusquau
créateur lui-même, le seigneur Brahma,
est irréel.
Vénérez le Soi comme la femme
dévouée vénère son
mari. Ne vénérez rien ni personne
dautre ou cela vous conduira à
linfidélité et votre
vénération sera feinte. Le septique
se demande toujours comment le divin Brahman
pourrait-il être identique à
lindividu limité et mortel.
Lignorant en proie à ces doutes finit
par conclure quil est impossible que le
Brahman savilisse en devenant une
créature mortelle. Pour corriger cette
notion erronée, vous devez écouter
attentivement la parole spirituelle et y
réfléchir profondément. Votre
intérêt pour la parole du Maître
doit être si intense que cela en devient une
obsession et votre pratique doit également
être soutenue. Cest alors seulement que
lexpérience suivra. Le Maître
opère un changement radical, une
transformation incroyable de notre condition
misérable de mortel [jiva] en Shiva
immortel. Il nous élève à un
état supérieur. Comme vous avez
oublié votre véritable nature, vous
êtes affligé dune maladie : la
maladie de lexistence mondaine.
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de la page
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Il y
existe deux obstacles majeurs à votre
progrès spirituel : le premier est la notion
dimpossibilité : " Je ne
peux pas être le tout puissant, cest
impossible, il est impensable que je puisse
être le Soi ! " Le deuxième,
est lidée bien ancrée de croire
que lon est le corps : " Comment
est-ce possible que tout dun coup je ne sois
plus le corps ? "
Pour vous aider à atteindre
locéan de félicité et
à vous immerger en lui, le Maître a
élaboré une méthode en trois
phases :
- Pramata [laspirant, le sujet
connaissant] : celui qui cherche une
preuve.
- Prameya [lobjet de connaissance, la
théorie] : lhypothèse
: " Je suis Parabrahman " qui doit
être prouvée par la réalisation
de soi.
- Pramana [la preuve] : Vous
devez ici vous défaire des deux phases
précédentes qui, à ce stade
sont devenues illusoires. La seule méthode
à suivre pour obtenir une preuve consiste
à écouter la parole spirituelle et
à la méditer profondément
jusquà lobsession. Être
obsédé par sa recherche est le signe
dun désir intense datteindre la
Réalité finale.
Répétez : " Je ne suis pas le
corps " des centaines de fois ! La
répétition dun acte de
nombreuses fois finit par le rendre naturel car,
comme vous le savez, lhabitude est une
seconde nature. Vous serez alors totalement
possédé par le désir intense
de lexpérience directe ;
dexpérimenter le Soi par
vous-même. Quand lobsession pour le Soi
est telle, lexpérience est certaine de
se produire, vous avez alors accès à
la perception " directe ".
Pourtant, vous êtes dévoré par
linquiétude et le tourment qui vous
harcèlent sans relâche, et ceci pour
la seule raison que vous vous êtes
identifié au corps. Les cinq
éléments qui constituent le corps ont
aliéné le Soi ; ils doivent donc
être maîtrisés. Laissez le
sentiment : " Je ne suis pas le corps "
grandir en vous. Avant de manger un fruit vous le
pelez, cest lintérieur que vous
consommez, mais quand il sagit du fruit de
lhomme vous ignorez totalement son cur
pour ne vous concentrer que sur lapparence
extérieure, le corps grossier.
Abandonnez lorgueil que vous nourrissez pour
ce corps et cherchez qui vous êtes avec
détermination et persévérance
en éliminant au passage tout ce que vous
nêtes pas. Votre mental et vos
désirs font obstacle à la recherche
de votre nature véritable. Le mental
nest quune accumulation de
mémoire des expériences
passées et de désir, lequel consiste
à entretenir leur souvenir dans
lespoir den jouir encore et toujours.
Pour vous libérer du mental vous devez le
réorienter vers le Soi, en détournant
votre attention des désirs. Quand le but du
mental est pur, il devient pur lui-même.
Cest le seul remède pour se
libérer du mental. Vous natteignez le
détachement que lorsque votre attitude est
ferme envers les désirs et que votre
attention est réorientée du
désir vers le Soi.
Cest seulement lorsque vous vivez dans la
constante félicité du Soi que
plaisirs et douleurs ne vous affectent plus.
Lorsque lon dit que le seigneur Rama prend
forme dans la matrice de sa mère Kaushalya
[la dextérité], cela signifie
que Rama, le Soi, sépanouit en ceux
qui écoutent attentivement les conseils du
Maître et les appliquent avec justesse et
dextérité à la
réalisation de soi.
Alors que les objets excitent les sens,
lAtman [le Soi] pressent que le
plaisir est dans leur sillage. Sétant
oublié lui-même, il est stimulé
dans leur poursuite par le désir de les
posséder. Le Soi, qui par nature est pur, se
cristallise en concepts et convictions qui le
rendent impur, il prend alors forme mentale. Ces
désirs ne sont que concepts conçus
par le Soi via le mental. Ainsi le mental et les
pensées quil produit ne sont que le
Soi. Ayant produit ces pensées, le Soi se
lance à leur poursuite.
Le Soi est appelé pur avant que les concepts
ne surgissent, mais dès quun concept
jaillit, on lappelle " mental ".
Puisque les " dix sens " sont à
lorigine de cette déviation du Soi,
ils doivent être vaincus, et pour cela vous
devez être le seigneur Rama, le vainqueur de
Ravana, le monstre à dix têtes
[les dix sens]. [Dans
lépopée du Ramayana, le
démon à dix têtes Ravana ne
peut être vaincu par les armes, car si l'une
de ses têtes est coupée elle repousse
aussitôt. Seule la compréhension que
le démon nexiste pas peut le
vaincre.] Le Seigneur Rama est
omniprésent, il embrasse lunivers
entier, il est le tout-puissant, lorigine
même de tous les pouvoirs. Il
prédomine parmi les dieux, il est Atmaram,
celui qui se réjouit en lui-même, le
Soi. De lui sélève le pouvoir
imaginatif qui prend spontanément la forme
de concepts qui, à leur tour, vont le
distraire et le divertir. Son attention est alors
captivée par ces concepts et
détournée de lui-même.
Aussitôt son attention divertie, les concepts
se précipitent, et dAtmaram il devient
lAtman, altéré, absorbé
dans le processus conceptuel. Ces concepts
prolifèrent et enveloppent le Soi pour finir
par le recouvrir ; le Soi est alors défini
comme " mental ". Les concepts ayant une
forme précise, le monde illusoire est
né. Ainsi, le monde perçu et
vécu par lignorant nest autre
que lextension de limagination
projetée par le Soi. Cest une
illusion, un simple vagabondage du Soi, rien de
plus.
Au cours du processus de développement du
mental, le Soi commence à imaginer les sens
et, peu à peu, ces fantasmes se
cristallisent en convictions. Maintenant, seul un
grand bouleversement pourra rétablir le Soi
et permettre de passer au crible du discernement sa
production fantasque. Ce grand bouleversement est
appelé " éveil ", ce qui
signifie se rappeler de soi-même. Ainsi,
celui qui comprend que le monde est illusion est le
conquérant du monde. Il est Dieu, le
tout-puissant, le vainqueur, ou tout autre nom que
vous choisissez de lui donner.
Dans les Purana [textes
mythologiques], le mental est symbolisé
par le personnage de Narada, un grand sage,
dévot de Vishnu. Il provoquait habilement
toutes sortes de situations pour convaincre
lhomme de prendre le chemin de la
dévotion, les aidant ainsi à
atteindre la réalisation de soi. Cest
par un manque singulier de discernement que le Soi
se tourne vers le royaume des concepts. Des ondes
de concepts sélèvent alors en
Lui et cest ainsi que naissent les
désirs. Tandis que nous sommes
concentrés sur la gratification de ces
désirs, vague après vague les
concepts surgissent et nous noient dans
lillusion. Donc le Soi est limpide et
paisible lorsquil nest pas
altéré ni obscurci par les effluves
des concepts que lon appelle mental ;
latman altéré est le
mental.
Pourquoi vénérons-nous lidole ?
Elle ne possède, en fait, rien de
particulier, tout ce qui la constitue nest
quapparence extérieure,
lintérieur est vide. De la même
façon il ny a rien à
lintérieur de votre
intériorité, qui en dautres
termes, est parfaitement paisible. Vous êtes
Dieu. Maintenez-vous en cette paix
intérieure, ne permettez pas quelle
soit troublée. Une idole brisée, ou
seulement abîmée, ne peut être
vénérée. Il y a une cassure
dans létat naturel et la paix profonde
est altérée, vous ne pouvez donc plus
être considéré comme Dieu.
Quand vous vous concentrez sur votre but, qui est
le Soi, et que votre mental est fixé sur le
mantra donné par le Maître, vous
êtes transfiguré en Lakshman, le
bien-aimé du seigneur Vishnu, le Soi.
Lakshman est la combinaison de Laksha, le but, et
de manas, le mental. Restez tel que vous êtes
dans votre état naturel, non troublé
par les pensées, cest
létat de samadhi. " Abandonne
tout devoir et dédie ton être à
moi seul " dit le seigneur Krishna dans la
Bhagavad Gîta [chap. 18 verset
66]. En abandonnant tout, cest à
dire les pensées, tu médites sur moi,
reste là, alors, tu es celui qui fait son
véritable devoir.
Maintenant que la connaissance du Soi vous a
été donnée et que les saints
vous assurent de la réalisation, il ne tient
plus quà vous de passer à la
pratique. Laquelle est nécessaire pour que
cette connaissance du Soi senracine. Il faut
donc tout dabord, développer son
intérêt pour le discours spirituel, se
prendre de passion pour lécoute de la
parole du Maître.
Il y a trois étapes à franchir sur le
chemin de la non-dualité du
Brahman :
- Je suis le Brahman : lhomme ordinaire
est le Brahman même.
- Tout est le Brahman : toute la création
est véritablement le Brahman.
- Il ny a que le Brahman : le Brahman est en
tout et partout, rien nexiste à part
lui. Lui seul est.
Parallèlement le discernement sexerce
sur trois phases :
- Discerner le Soi de lillusion
- Discerner léternel du temporel
- Discerner lessence première de la
non-essence
Que veut-on dire par " essence
première " ? Il sagit du
Brahman, la connaissance non altérée
par les concepts, alors que par
" non-essence " on entend latman
étroitement associée aux concepts,
cependant, latman lui-même est un
concept, car dire : " Je suis
latman " est encore un concept. Ainsi
latman nest pas réel car il est
lié au corps. Cest seulement en
comprenant que vous nêtes pas le corps
que vous êtes transfiguré en
léternelle Réalité, la
vérité ultime, le Paramatman.
Vous devez être très attentif lorsque
vous écoutez lenseignement sur le Soi,
attentif au point dêtre totalement
captivé, absorbé en lui. Quand vous
vous perdez en lui vous devenez le Brahman.
Létude des Écritures est vaine
si vous ne reconnaissez pas que vous
nêtes pas le corps, que vous êtes
autre que lui. Votre pratique consiste à
suivre les indications établies par les
saints. Ce que lon entend par " rester
en compagnie du Maître " cest
dêtre dans le souvenir constant de sa
parole, puis de la mettre en pratique.
Ecoutez attentivement la philosophie du Vedanta,
comprenez-la bien et mettez-la en pratique ;
lexpérience ne manquera pas de
sensuivre. Les trois
expériences : lexpérience
décrite par le Maître, celle
décrite par les Écritures et enfin
votre propre expérience, doivent
concorder.
Toutes les Écritures saccordent
à dire que le péché cest
de sidentifier au corps, de dire :
" Je suis le corps. " Elles concourent
toutes à détruire la perception de la
dualité. La dualité fait
apparaître uniquement tout ce qui nest
pas le Soi. Et ce qui est autre que le Soi
nest quun tourment sans fin, un
cortège de misères et de souffrances.
La connaissance de soi a été
négligée depuis si longtemps
quelle a été oubliée.
Cette connaissance doit être
recherchée, puis une fois acquise, il faut
létablir fermement en soi et la
consolider par une constante réflexion.
Toute tendance négative doit être
débusquée, analysée et
rejetée tandis que les qualités
positives seront cultivées. Lattention
au discours spirituel, la contemplation profonde et
soutenue des préceptes qui en
découlent et la détermination
à suivre les conseils du Maître,
conduiront à la perception directe, à
lexpérience divine. Cela qui ne peut
être perçu doit devenir notre but,
notre méditation. Cest cela la
concentration, dhyana. Acceptez : " Je suis
sans attribut et sans forme ",
réfléchissez-y constamment,
retournez-le dans tous les sens jusquà
ce que cela devienne une conviction
[dharana]. Immergez-vous en elle,
cest cela le véritable sens de la
méditation. Cest à cette
condition seulement que lon réalise ce
qui est au-delà du royaume des mots. Le
mental et lintellect sont des obstacles
à la réalisation de soi. Le Soi
demeure au-delà mais tout près du
domaine mental.
Aux pieds
dAtmaram se trouvent tous les lieux
sacrés
Il est éternellement présent dans le
battement de ton cur
Mais hélas ! Si tu le cherches et le
pries ailleurs
Tu te perdras en chemin, dit Dnyanadeva
Atmaram,
le seigneur de la connaissance réside dans
votre cur. Ceux qui vont de pèlerinage
en pèlerinage ne le connaissent pas, ils
sont maudits par ces lieux saints mêmes
quils hantent. En clair, ils
natteindront jamais lillumination. La
seule vérité dans ce monde,
cest la Réalité finale. Vous ne
dites la vérité que lorsque vous
parlez du Soi, la vérité
éternelle. Les Écritures disent que
la vérité ne consiste pas à
affirmer des faits. Elles disent également
quelle réside juste derrière
les limites du mental et de lintellect.
Quelle que soit la vérité que vous
croyez énoncer, ce que vous dites est faux
et voué à léchec parce
que soumis aux cinq éléments, le
corps grossier. Celui-ci est corrompu par les
désirs et ne peut donc être vrai. En
fait, vous ne pourrez atteindre la
vérité que si vous abandonnez le
corps grossier.
Avoir une forte aspiration pour la
vérité est certainement
bénéfique, il sagit du premier
pas vers la réalisation de soi. La puissance
de la concordance des trois données que sont
lêtre humain, laspiration propice
et lenseignement dun véritable
Maître, manifeste un phénomène
que lon appelle le seigneur des trois mondes.
Vous atteignez le royaume divin par la simple
obéissance aux préceptes du
Maître, ou plutôt, en vous immergeant
dans sa parole et en laissant de coté tous
les plaisirs des sens.
Les Écritures précisent que pour
sunir au Soi, il faut éliminer la
conscience altérée, cest
à dire la conscience individuelle
[chitta]. Le mot
" éliminer " a été
mal compris, car on le prend
généralement dans le sens dune
opposition à la conscience individuelle
[virodha]. Lopposition ayant
remplacé lélimination explique
pourquoi lélimination de la conscience
individuelle [nirodha] a été
placée dans un contexte de lutte. Ce
contexte a mené à la création
des pratiques daustérité
[le jeûne par exemple] et des
pratiques physiques telles que les exercices de
respiration ou la rétention des sens,
lesquelles ont pour résultat de faire perdre
de vue le but, lunification au Soi. Pour le
réaliser on doit tout dabord
comprendre ce quest le mental. Cest
à cause de lignorance que les concepts
sélèvent dans lAtman,
faisant de lui le mental. Les concepts se
déploient sur lAtman, à la
façon dont les vagues se déroulent
à la surface de locéan. Celui
qui se perd dans lobservation des vagues est
piégé dans sa propre contemplation et
oublie locéan. Les concepts
sélèvent parce que lon
échoue à discerner le mental de
lAtman, lequel devient alors comme invisible.
Le mental est, en fait, une partie de lAtman.
Votre attention est constamment rivée sur
les concepts et donc sur le mental mais si vous
vous concentrez sur lAtman, vous vous
immergez en lui.
Maintenant, voyons ce que signifie
lélimination du mental. Dès que
vous commencez à vous concentrer sur
lAtman, vous vous immergez en lui, les
concepts napparaissent plus et ils sont
étouffés ; cest de cette
façon que lon élimine le
mental. Quand il disparaît, vous êtes
uni au Soi. Le but est atteint. En fait cest
lharmonie avec le Brahman qui doit être
réalisée et cela, par
lélimination de toutes les
pensées.
On ne doit pas sopposer activement aux
pensées. Par lopposition
[virodha], on ne fait que renforcer notre
concentration sur elles, et dès quil y
a une faille dans notre opposition, elles
resurgissent avec une vigueur
décuplée. Ainsi, soyez celui qui
regarde passivement et concentrez-vous sur le Soi ;
les pensées mourront alors petit à
petit. Vous êtes serein désormais sans
irruption de concepts en vous. Cest cela
lélimination, nirodha. Les concepts ne
décroissent pour disparaître
complètement que quand la relation du mental
[qui est un subalterne] avec lAtman
est comprise.
Le mental a
leurré plus dun être
formidable
Mais il est un serviteur pour le Maître qui a
atteint la Réalité.
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Celui
qui transcende la connaissance du monde
matériel atteint la perfection. Les sciences
du monde, celles des cinq éléments,
ne vous permettent pas de latteindre. Si
lon explore ces sciences, on y trouvera
facilement des imperfections puisque par nature les
sciences du monde sont imparfaites. Ce nest
pas le cas de la science du Soi car quand vous
lavez accomplie on ne peut trouver de faille
en vous. Celui qui a accompli la perfection a pour
demeure le royaume des cieux.
Le sage a une approche spontanée de la vie.
Ce quil fait bien sûr ne va pas dans le
sens ordinaire parce quil agit sur la base du
Soi quil a accompli. Mais ce que lon
voit chez tous les êtres
réalisés cest quils
agissent en accord avec leurs paroles. Cest
pour cela que ce quils ont dit hier sera
toujours vrai demain, ce qui nest pas le cas
des connaissances du monde matériel. Glaner
des connaissances de seconde main et imiter,
cest tout ce que lignorant peut faire !
Il ne pense pas avant dagir et se contente
dimiter stupidement. Il prend le relais
là ou un autre ignorant sest
interrompu et même si rien nest
établi durablement il fera comme son
prédécesseur.
Laspirant embarque pour un pèlerinage
vers le monde de lau-delà des
apparences. Ce monde nest connu daucun
être vivant puisquil ne fait pas partie
du monde manifesté. Vous devez juste
abandonner vos désirs et vous tenir comme un
roc au milieu dune foule qui transpire le
désir ! Par ignorance, les gens croient que
le monde de lau-delà est un autre
monde et quainsi ils ne pourront jamais
latteindre.
Vous voyagez à perpétuité dans
un train qui sarrête fréquemment
pour différentes naissances
jusquà ce que vous arriviez au
terminus qui est la naissance humaine. Cest
ici que vous pouvez arriver à votre
destination, la réalité. Si vous
travaillez à votre propre bien, en essayant
dacquérir la connaissance pour
atteindre la réalité, vous descendez
du train. Si vous ne le faites pas, vous continuez
votre pèlerinage sans fin à travers
nombre de naissances et de morts. Alors,
réveillez-vous et travaillez à votre
but ! Pendant toute votre existence vous oscillez
entre bonnes et mauvaises actions, mais même
si vous avez nombre dactions justes à
votre actif, il nen résultera
quune renaissance car ces actes ont
été faits dans lintention
den retirer un bénéfice
matériel ou du moins tangible. Le
désir est la cause de la naissance et vous
ne pourrez échapper à cette spirale
des naissances et des morts que par la
connaissance.
Durasha signifie " mauvais désir " [du,
autre ; asha, désir], cest le
désir pour autre chose que le Soi. Le fruit
que le disciple doit désirer nest pas
celui qui rassasie la faim, cest celui de la
connaissance qui le rendra immortel. Vous
êtes enchaîné à
lillusion comme le boeuf est attaché
à la roue du moulin. Comme lui vous tournez
en rond, attaché à la roue des
naissances. Les sages sont là pour mettre
fin à votre errance dans le cycle des
naissances. En abandonnant le monde vous ouvrez les
portes du royaume de la connaissance.
Pourquoi errer dun lieu sacré à
un autre quand vous avez 108 lieux saints
près de votre coeur [il y a 108 lignes
dénergie qui convergent vers le chakra
du coeur] ? Lhomme mène une
existence aussi futile que celle du buffle qui
passe son temps à manger !
Le Soi est la seule chose qui importe mais, comme
le buffle, vous vous concentrez sur quelque chose
qui a aussi peu de valeur que le corps et vous
passez votre vie, qui est si précieuse,
à soigner son apparence et à
satisfaire ses désirs. Oubliez le corps et
efforcez-vous datteindre la connaissance
parce que sans elle vous nêtes
quun cadavre ambulant ! Vous êtes mort
pour le monde quand vous dormez. De même,
alors que vous êtes dans létat
de veille, soyez mort pour le monde.
La
naissance et la mort sont les conditions du corps
grossier. Ce corps grossier nest pas
réel, mais vous y accordez une importance
démesurée parce que vous le croyez
vrai. Ne soyez pas le fou qui se donne en spectacle
au festival de Shimga. Déguisé en
ours, il se comporte comme un ours : cet homme
serait pris pour un fou dans la vie quotidienne !
Vous portez toute votre attention au corps et vous
en devenez esclave car vous oubliez que vous
êtes le Soi qui est à la base
même de ce corps. Vous le cajolez comme
lours du spectacle cajole ses petits.
Nêtes-vous pas devenu fou ?
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