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WILLIAM  SAMUEL

QU I  EST  WILLIAM  SAMUEL ?



Que règne la paix et l'amour parmi tous les êtres de l'univers. OM Shanti, Shanti, Shanti.

 
OUT  instructeur, livre, écrivain, praticien, sage, Guru ou vendeur de cacahuètes, quel que soit son nom, son titre ou son étiquette, est un aspect de la conscience [l'Identité] que "nous" sommes.


Si nous prenons un livre sur l'étagère, c'est très probablement qu'il va nous rendre un service précis à un moment donné. De même, nous avons paru nous diriger vers la philosophie, l'instructeur, l'Église, l'ami, l'inconnu ou le vendeur de cacahuètes qui s'est révélé alors assurer notre suffisance, notre content – mais cette philosophie, cet instructeur, cette Église, cet ami ou cet inconnu se trouve À L'INTÉRIEUR de la conscience que NOUS sommes. Le vendeur de cacahuètes aussi. Notre regard se pose en permanence sur notre Soi.

                                  William Samuel

William Samuel était un auteur prolifique qui écrivait sur la vérité, la science, les religions et l'éveil spirituel. "L'instructeur des instructeurs", c'est ainsi qu'on avait baptisé William Samuel, peut-être parce que nombre d'instructeurs venaient étudier avec lui : une quantité de philosophes, de théologiens et d'universitaires. Les dernières années virent arriver des physiciens et des mathématiciens. William avait l'impression que venaient à lui les chercheurs les plus ardents, ceux qui s'étaient totalement consacrés à la recherche de la Vérité. Bien des taoïstes et des bouddhistes qui avaient découvert son message venaient étudier auprès de lui – et même, parmi eux, certains qu'on appelait des Maîtres. En repartant, nombre de ces personnes devenaient elles-mêmes auteurs, écrivains, instructeurs. Chose merveilleuse, son histoire a touché l'élite métaphysique et scientifique du monde entier – du moins quelques-uns de ses représentants. Il disait : "Quand mon histoire sera contée à la perfection, mon monde tout entier entendra." William était un instructeur hors pair qui sut trouver un moyen de transmettre avec clarté et précision ses intuitions sur l'Absolu et les principes de la métaphysique et de la non-dualité. Pourtant William Samuel ne souhaita jamais se présenter comme un Maître qui enseigne. "Pendant plus de trente ans, j'ai raconté ma propre histoire, expliquait-il, la façon dont elle s'est déroulée et ce qu'elle m'a permis de comprendre. Ce n'est pas la même chose que d'être un instructeur."





Même si William finit par devenir célèbre, il n'encouragea jamais les gens à le suivre comme des disciples. Il veillait particulièrement à empêcher toute vénération personnelle et ne ménageait pas ses efforts dans ce sens : "Laisser Samuel devenir objet d'éloges et de vénération [à la place du Soi divin] revient forcément à créer les conditions susceptibles d'abaisser Samuel aux yeux de celui qui le vénère. C'est une auto-flagellation dont je peux me passer. La situation est déjà suffisamment difficile pour les rares individus qui, sur terre, ont reçu pour tâche de lutter à l'échelle mondiale contre le pouvoir des croyances. Parmi celles-ci, la plus tenace est la folie qui consiste à considérer qu'on doit être ou bien chef de file ou bien partisan. La Totalité dirige quoi ? L'Unicité se conforme à quoi ? L'Idée Germe dévoile que l'Identité n'est rien moins que la propre conscience que l'Ineffable a de Soi-même ! Chaque grain de sable et d'étoile des cieux en est la preuve criante. Toute fleur qui éclôt et tout oiseau sauvage vérifient l'immuabilité de cette réalité. Quand l'histoire sera contée comme il convient – et que l'homme lui prêtera une oreille d'enfant – l'individu s'éveillera à son BIEN, au droit qu'il acquiert à la naissance, à l'héritage qui est le sien depuis le commencement, et il n'y aura plus besoin d'instructeurs. QUELQU'UN doit affirmer cette vérité avec conviction, et en ce moment cette personne est moi – et le sera jusqu'à ce que l'heure sonne pour moi de passer à autre chose. Dites-moi, si sur la scène du monde j'ai réussi à dévoiler leur BIEN à ceux qui sont venus à moi, cela doit-il produire pour autant toute une suite de flagorneurs ? Non. Nous formons une camaraderie de Lumière et d'Amour vivant vers laquelle le monde entier se tournera quand notre temps sera venu. Pareils à Lao-tzeu qui vivait sa Lumière en silence et en solitude tout en travaillant au beau milieu de la scolastique qui régnait sur son temps, nous évitons de nous laisser entraîner dans les affaires embrouillées des humains et fuyons comme la peste la popularité personnelle. Nous honorons la Lumière qui est la Vie, et qu'est tout homme. Il se peut que nous soyons particulièrement sensibles à un miroir qui nous parle avec clarté et précision – et peut-être jugerons-nous ce miroir unique en son genre – mais l'autorité relève de la conscience qui plonge le regard à l'intérieur du miroir, et non point du miroir".

Depuis sa disparition, son enseignement clair, brillant et efficace est de plus en plus prisé. Ce succès croissant prouve bien que, dans sa sagesse profonde, son œuvre est universelle et éternelle.

Ceux qui le connaissaient le mieux le considéraient comme un instructeur humble et sans prétention, un homme affable qui transmettait la vérité d'une façon tendre, simple, et pourtant particulièrement forte. Ceux qui, en l'écoutant, entendaient son message, étaient conduits à une paix et une compréhension qui s'accompagnaient d'une guérison.

Samuel avait aux quatre coins du monde des correspondants qu'il avait aidés à trouver la légendaire "paix qui passe l'entendement". Et maintenant, l'intérêt pour son enseignement clair, brillant et efficace ne cesse de croître.

William Samuel était l'un des rares à pouvoir faire la synthèse des enseignements de la pensée orientale et des religions de l'Occident. Son œuvre offre une explication claire de la nature de l'illumination dans une langue simple et abordable. Il possède un authentique don de communication. Sa façon si personnelle de jouer avec le langage nous conduit à dépasser le sens habituel des mots et à communiquer au-delà de l'intellect. Il écrit par couches et, tel un compositeur, donne à entendre des harmoniques. Ainsi que des notes individuelles, les mots s'assemblent pour créer des accords. Alors, couche après couche, résonnent les bons accords, et le cœur perçoit le message. De ce fait, mieux vaut lire son œuvre tranquillement, sans s'efforcer de comprendre à tout prix. William Samuel consacra sa vie à la recherche de la vérité, quête qui lui fit faire deux fois le tour du monde, sans compter les années passées en Chine pendant la Deuxième Guerre mondiale, période que ses livres décrivent en détail.

Il fut élevé dans les magnifiques montagnes de l'Alabama où il passa son enfance. Adepte de la Science Chrétienne, sa mère emmenait le jeune William avec elle à l'église tous les dimanches. Le père de William était juif. Dans sa jeunesse, c'est son père qui représentait l'autorité et il ne lui laissa pas le choix de ses études. Enfant, William était très apprécié et très brillant. Pour lui, les situations qui se présentaient dans son existence étaient toutes autant de leçons et, dès son plus jeune âge, il chercha à comprendre en posant des questions. Son passe-temps préféré consistait à se promener au fond des bois sauvages et à suivre les cours d'eau et les pistes, en quête de pointes de flèches anciennes. Il ne se lassait pas du chant des oiseaux. Les vieux arbres et les prairies le ravissaient. Se plonger dans la nature lui procurait beaucoup de joie. Son amour de la vie au grand air ne le quitta jamais.

Bien que William fût un garçon pacifique enclin à la méditation, son père jugea opportun de l'envoyer dans un établissement militaire à l'âge de quatorze ans. Brillant élève au Q. I. de génie, il passa quatre années à l'école militaire où il apprit beaucoup et acquit une grande part de sa sagesse dans l'adversité et la souffrance qui fut son lot dans ce milieu très dur. Tout jeune, un désir inné semblait le pousser à découvrir une autre dimension – plus vaste – à chaque nouvelle situation, afin de mieux comprendre ce qui se passait. C'est la clé qui lui permit de traverser ces années difficiles, et il ne se départit jamais de cette sage attitude.


CHERCHEUR ,  SOLDAT,  MARI ,  HOMME  D ' AFFAIRES  &  GUÉRISSEUR


Nommé capitaine d'infanterie à dix-huit ans, il fut envoyé en Chine pendant la Deuxième Guerre mondiale.

En tant que capitaine d'infanterie américain, Samuel participa à quelques-uns des plus violents combats de la Deuxième Guerre mondiale. Il vécut ses intuitions spirituelles en plein conflit et fut à même de les vérifier sur le champ de bataille.

Les deux années où il combattit les troupes japonaises sur le continent chinois, il eut pour interprète un moine taoïste vénéré qui, pendant cette période, devait devenir son ami, son guide et son instructeur. Peu après la guerre, Samuel revint en Chine étudier plusieurs mois auprès de M. Shieh, qui lui assignait des "tâches". Il demandait par exemple à Samuel d'aller s'asseoir sur la place de la fontaine du village et de trouver quelque chose de positif à tous les passants qui se présentaient. Après avoir quitté la Chine, son désir de puiser à la source de la sagesse lui fit faire deux fois le tour du monde. C'est ainsi qu'il séjourna dans les endroits les plus reculés, dont plusieurs années en Orient et en Inde. En Inde, William fut le premier Américain à venir s'asseoir en silence auprès d'un Guru. Ce séjour dura une semaine et, si William précisa que ce Guru devait devenir célèbre dans le monde entier, il ne révéla pas pour autant son identité.

Dans les années cinquante, marié et père de trois jeunes garçons, William ne se consacrait pas qu'à l'écriture. Il avait repris la boulangerie et le petit restaurant de son père dont il était devenu propriétaire, mais, en 1952, il fut rappelé et contraint de repartir à la guerre. Pendant plusieurs mois, il commanda des troupes en Corée où, à l'en croire, les combats furent encore plus meurtriers que ceux auxquels il avait pris part en Chine.

Revenu de ses obligations militaires en Corée, il retrouva sa famille et reprit son travail au restaurant et à la boulangerie. C'est à cette époque qu'il écrivit son premier ouvrage intitulé Deux plus deux égale Réalité. Ce petit livre qui ne comptait que soixante pages débordait pourtant d'une intuition stupéfiante. Nombreux furent ceux qui découvrirent ainsi la sagesse de William, et des gens commencèrent à se rassembler autour de lui pour l'écouter et étudier. Il était également devenu un praticien et un guérisseur de renom au sein de la masse de plus en plus considérable d'hommes et de femmes qui se tournaient vers la métaphysique. Des gens de toutes conditions sociales et de tous les coins du monde venaient le voir. Tout d'abord, essentiellement des métaphysiciens, mais ensuite apparurent des représentants de tous les horizons religieux et philosophiques, orientaux ou occidentaux. Nombre d'entre eux se rendaient à sa boulangerie de Birmingham où ils avaient de longues conversations et discussions philosophiques avec lui.

C'est alors qu'il consacra davantage de temps à écrire, à enseigner et à donner des causeries. Ses ouvrages et son enseignement oral présentaient, pour reprendre son expression, "un nouveau mode de compréhension". En 1967, il avait rédigé et publié son livre le plus célèbre, Le Livre de la Conscience et de la Tranquillité et, en 1970, l'ouvrage qui lui fait pendant, La Conscience de la Découverte de Soi. Il avait vendu la boulangerie et se consacrait désormais entièrement à ses nombreux correspondants et à ceux qui venaient étudier avec lui. Son amour de la vie au grand air était tel qu'il donnait la plupart de ses cours sous les sapins de sa maison de Mountain Brook, en Alabama, et à bord de sa péniche, "le bon navire Lollygog" au fil des eaux paresseuses de la Coosa River.

Dans ses livres et ses causeries enregistrées, il revient souvent sur les événements qui provoquèrent son propre éveil. Son œuvre est iconoclaste d'un certain côté, tendre, chaleureuse et stimulante de l'autre. Il possède le don exceptionnel de marier la métaphysique chrétienne occidentale et la pensée de l'Orient, et offre du même coup un guide indispensable à tout chercheur en quête d'éveil. Les écrits de William Samuel n'ont rien de théorique. Au contraire, tout ce qu'il a écrit, il l'a vécu, et il nous en transmet la sagesse. Ce faisant, il nous a laissé des découvertes et des intuitions extraordinaires qui nous aident à redécouvrir le divin qui réside déjà en nous.

Pour le citer sur ce sujet : "Chaque mot que j'ai publié, je l'ai vécu. Je n'écris nullement en me fondant sur une théorie, des spéculations, ou l'opinion d'autrui – mais seulement sur ma propre expérience VÉCUE. Il me paraît essentiel de soumettre toute révélation, ou la moindre lueur de vérité, à l'épreuve de la vie. C'est précisément ce que j'ai fait et je n'ai jamais rien publié qui ne se soit d'abord révélé utile pour moi. J'avais aussi un autre critère. Non seulement ce que j'ai mis dans mes livres devait avoir porté des fruits pour moi, mais également pour d'autres, qui l'avaient à leur tour vérifié de la même manière. La seule différence, c'est qu'intellectuellement parlant, je l'ai peut-être fait avec plus de logique". Quelques années après la sortie de ses livres, William fut ravi de trouver cette injonction dans Les Enseignements de Silvanus [vii, 4] découverts parmi les parchemins de la Bibliothèque de Nag Hamadi : "Vérifie tous les mots avant qu'ils sortent de ta bouche". Après avoir examiné Le Livre de la Conscience et de la Tranquillité, la Société philosophique britannique fit savoir à William qu'elle trouvait "son système philosophique parfaitement cohérent. Dans son ouvrage, chaque assertion s'appuie sur la raison et la logique qu'un philosophe juge nécessaires. M. Samuel présente la Totalité de Dieu d'une façon juste et satisfaisante même aux yeux des membres les plus exigeants de l'Académie, les philosophes. S'adresser au Cœur sans exaspérer l'intellect relève de la prouesse ". William répondit à sa manière humble et honnête : "L'intelligence humaine n'aurait pas pu accomplir une chose pareille, mais la conscience est cette prouesse à l'œuvre".

L'intelligence supérieure de Samuel alliée à sa conscience aiguë de la vie spirituelle éclate à l'évidence dans sa capacité à s'exprimer en un style aimable et naturel. D'un côté il est violemment iconoclaste et, de l'autre, tendre, chaleureux et stimulant. Il exprime la Vérité sans le jargon guindé de la non-dualité orientale ou de la théologie occidentale. Son œuvre présente un point de vue non sectaire et une beauté originale qui ne doivent rien au pouvoir en place ou à une quelconque organisation.

Les livres de William abondent en anecdotes personnelles qui racontent comment il a vérifié ses intuitions et montrent précisément comment nous pouvons appliquer ces préceptes dans notre propre vie et constater leur efficacité.

Si vous cherchez à en finir avec vos tribulations personnelles, les livres de William Samuel seront pour vous les manuels et les guides d'un instructeur exhaustif qui va de l'alpha à l'oméga en un langage clair, simple, sensible et délicat. Ses ouvrages s'adressent à ceux qui veulent l'Illumination elle-même – pas sa description – et désirent savoir comment la vivre.

                                  Sandy Jones


L' HOMME  EN  QUÊTE  DE  LA  VÉRITÉ  |  DA  SHAN ,  MONTAGNE  MYTHIQUE
DE
 LA  RECHERCHE  ET  DE  L' ABOUTISSEMENT


HARMONIQUES  DU  FANTASSIN

Dans Le Livre de la Conscience et de la Tranquillité, j'ai consacré quelques pages à mon expérience de soldat et à l'une des grandes leçons que m'a donnés un épisode guerrier sur la manie que nous avons tous de porter des jugements. Au fil des années, les lecteurs m'ont souvent dit combien cette histoire les avait touchés, peut-être plus que toutes les anecdotes que j'ai racontées.

De par sa tournure d'esprit, l'Occidental juge assez inconvenant qu'un vieux soldat ait pu bénéficier de révélations sur la Lumière. Je le comprends très bien. À l'époque des faits, j'eus l'occasion de vivre nombre d'événements singuliers dont je n'ai jamais soufflé mot dans mes livres. Après tout, j'ai participé à deux longues guerres en tant que capitaine d'infanterie. J'ai vécu sur le terrain en compagnie de fantassins chinois pendant près de trois ans. J'ai subsisté avec eux. J'ai failli mourir de faim avec eux. Les quelques soldats américains qui se trouvaient alors en Chine reçurent fort peu d'aide des États-Unis au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Nous étions à l'extrémité de la plus longue voie de ravitaillement au monde, et tout ce qui nous parvenait d'Amérique avait été transporté en avion par-dessus des pays occupés par le Japon. Tout devait franchir l'immense chaîne de l'Himalaya avant d'atteindre Kunming où des camions et des animaux prenaient le relais pour nous faire parvenir des vivres où que nous nous trouvions.

Cette période ne fut pas facile pour moi. La dernière année que je passai en Chine à la fin de la guerre, j'épaulai des troupes chinoises engagées dans la lutte contre les Japonais et je pris part aux combats qui permirent de reprendre Ishan, Liuchow et Kwelin.

Moins de dix ans plus tard, je me trouvai en Corée à la tête de la King Company du 279e régiment d'infanterie. Les choses furent beaucoup plus dures pour moi en Corée qu'au cours de la longue et curieuse guerre que j'avais faite en Chine. Le fait d'être plus âgé ne me fut d'aucun secours en Corée et je n'avais pas le vieux sage, M. Shieh, à mes côtés sur le 38e parallèle, au Grand Château de Sacs de Sable ou au Perchoir du Vautour.

Il est remarquable que je n'aie rien écrit sur cette période, alors que j'en ai raconté les événements marquants – pour moi porteurs d'enseignement – aux chercheurs venus me voir ici en Alabama. Je me délectais particulièrement à raconter ces épisodes guerriers aux "absolutistes" métaphysiques ou aux jeunes idéalistes fanatiques qui pensaient n'entendre ici que de suaves paroles de paix de la bouche d'un homme de Dieu. Puisque ces histoires de conflit, de guerre et de souffrance sont la dernière chose que ces gens attendent d'un "métaphysicien", c'est souvent ce qui leur est donné.

Montrez-moi une révélation et je vous montrerai le traumatisme d'où cette Lumière a jailli. Montrez-moi une vision céleste authentique et je vous montrerai la plongée dans les affres de l'enfer où cette vision a été mise à l'épreuve et vérifiée avant d'être certifiée exacte.

"Mettez-moi ainsi à l'épreuve, dit le Seigneur..." et, dans la même veine, Paul a affirmé : "Éprouvez tout..." Et à présent, n'ayant presque plus rien à ajouter au livre définitif, en cette nouvelle Journée du Souvenir, je songe à mes soldats qui ont participé avec moi à tant de combats.

Permettez-moi de vous livrer un ou deux Aperçus sur ces temps de guerre. Pour commencer, retour en Chine. Une patrouille japonaise à nos trousses, cinq compagnons d'armes américains, M. Shieh et moi-même étions en train de "rétrograder". Couvrant l'arrière de notre petite patrouille, nous tentions de nous mettre à couvert au plus vite en regagnant des lignes amies. L'ennemi qui nous talonnait était bien près de nous capturer. En ce temps-là, ni les Chinois ni les Japonais ne faisaient de quartier. C'est-à-dire qu'il n'y avait pas de prisonniers. Je savais que si nous étions pris par les Japonais, cela signifiait une mort certaine. M. Shieh, lui, pourrait toujours se faire passer pour un paysan chinois. Oh, je n'arrive pas à raconter cette histoire ! Pour l'heure, le souvenir suivant suffira. Je revois M. Shieh me faisant remarquer la beauté de ces fleurs violettes, loin devant nous, sur la montagne que nous allions devoir escalader. Je m'étonnai qu'un homme pût percevoir la beauté dans des moments si oppressants. Je m'étonne encore davantage qu'il ait pu m'aider à y parvenir.

Un jour, au cours de la guerre de Corée, une salve d'artillerie éclata sur le flanc gauche de mon régiment. Plusieurs corps volèrent sous la violence des projectiles. Je me précipitai pour constater l'étendue des dégâts et voir si le responsable de la section était indemne. Le spectacle que je découvris me souleva le cœur et je tombai assis au milieu de trois corps affalés sur le versant. Je devins alors conscient d'une "présence" visuelle en suspension à côté d'eux : une espèce de vapeur lumineuse blanche et bleutée ; une clarté d'un autre ordre, primordiale, convaincante et puissante. Je n'aurais su dire ce que je voyais alors, et je ne suis pas davantage en mesure de l'expliquer maintenant, mais avec cette vision, et grâce à elle, j'eus l'absolue conviction en mon for intérieur qu'on me montrait la preuve de l'immortalité de la Vie – de la survie de l'Enfant, de l'Âme des hommes. J'éprouvai un merveilleux sentiment de soulagement, presque de gratitude, pour ces hommes et tout ce qui se passa ce jour-là. Quelques minutes s'étaient à peine écoulées que mon régiment, et en particulier la partie de la colonne où je me trouvais, fut pris sous un déluge de feu. Des obus nous pilonnaient en même temps que des soldats chinois fonçaient sur nous. Ce fut une éruption infernale dont nul ne saurait donner une idée précise. On ne peut comprendre ce genre de chose que si on l'a vécu.

Mais venons-en à l'Aperçu que j'aimerais vous donner ici, si toutefois je suis en mesure d'écrire ce qui s'est passé. Au tout début de cet horrible carnage où tout ce qui bougeait était réduit en charpie – soldats se portant en avant, hommes, femmes, enfants, chiens et poulets, et toute créature en mouvement clouée sur place – je fus soudain incapable d'entendre. Mon monde se tut et je fus enveloppé d'une paix incommensurable. Au beau milieu de cet affreux vacarme d'obus et de corps qui explosaient, je n'entendais plus que ma propre voix. Par une espèce de prodige, je me trouvai pris dans une dimension de paix et de tranquillité, détaché, mais également lié au carnage qui faisait rage. Je n'avais pas été blessé. Je me sentais aussi bien qu'on peut le souhaiter en pareilles circonstances. J'entendais très distinctement ma propre voix et même ma respiration. J'allais d'un poste de mitrailleuse à l'autre encourager mes hommes avec le plus grand calme. Je voyais leurs lèvres bouger pour me répondre et exprimer leur gratitude – ainsi que leur terreur – mais je ne les entendais pas. Je m'entendais moi-même, mais non pas les obus qui m'éclataient à la figure. J'étais au cœur d'une merveilleuse bulle de sérénité qui me permettait de me déplacer et d'accomplir sans crainte ce que le moment, particulièrement atroce, exigeait de moi.

Face à l'horreur, le corps est peut-être capable de produire des substances chimiques appropriées qui vont dresser une barricade entre l'homme et la situation qu'il juge insupportable. Mais, alors que cela m'arrivait en Corée au cours de cette journée interminable, j'avais la certitude qu'une Réalité suprême se tenait derrière les événements ; qu'il y avait une autre Scène juste au-dessus de celle-ci et qui l'entourait ; qu'empruntant ce corridor de chaos, la Réalité faisait irruption dans ma sensibilité qui en prenait conscience. Je marchais avec un courage tout de détachement, comme si le corps mortel ne pouvait pas être atteint et ne serait pas blessé. Je courais d'un soldat à l'autre, d'une mitrailleuse à l'autre. J'étais précipité au sol. Le souffle des explosions faisait pivoter mon corps comme une toupie. Une pluie de pierres et de terre me fouettait la peau et, avec un calme imperturbable, je sentais distinctement l'empire de la Vie sur les spectacles et les bruits du monde ; comme si, grâce à la Présence que j'avais ressentie et vue quelques instants plus tôt parmi les premiers corps abattus, je VOYAIS et ÉPROUVAIS de façon ininterrompue la Nature éternelle de la Vie, même face à la mort. Peut-être était-ce cette paix bienfaisante que M. Shieh avait ressentie des années plus tôt, en voyant les fleurs au loin sur la montagne.

Le feu de cet enfer et cette damnation en Corée dura quatre nuits et trois jours d'affilée, au cours desquels mes hommes et moi ne pûmes fermer l'œil. Je n'ai jamais oublié le cadre de temps différent qui fut alors le mien sans parler de la paix intérieure qui me nimbait, et la façon dont je fus soutenu et aidé pendant ce temps – ou ce non-temps.

Plus important, cette Paix ne m'a jamais abandonné depuis, du moins jamais quand j'y ai été attentif ou que j'ai fait appel à Elle dans les moments cruciaux. Comment est-ce que je procède alors ? Je mets au monde l'Enfant qui est en Moi.

Je ne sais vraiment pas pourquoi je raconte ces choses après tant d'années. Mais en cette Journée du Souvenir où j'ai le sentiment que tout ce qui est nécessaire au livre a été écrit, je m'assois pour rédiger ces lignes qui pourraient apprendre à d'autres, comme Janice et Bill, qu'il y a des moments où l'angoisse de la leçon est absolument nécessaire – que fuir l'angoisse n'est peut-être pas la réponse. Maintenant, avec une certitude absolue, je puis affirmer, aux vieux comme aux jeunes, qu'il est possible d'apprendre ses leçons dans les circonstances les plus difficiles et les plus éprouvantes. Mais mieux vaut abandonner nos filets de sécurité une fois la leçon apprise. Mieux vaut s'en remettre à l'Enfant parce que l'Enfant sait quoi faire. L'Enfant et la Présence figurent la même unique Présence et Elle est ici même où nous sommes, transcendant l'espace et le temps de ce monde.

En point d'orgue à ces harmoniques militaires : le jour où, en Corée, je montai en première ligne avec la King Company, me fut remis l'ordre de bataille précisant la nature des troupes "ennemies" qui, de l'autre côté de la vallée, me faisaient face sur la montagne. En face de mon régiment, et de moi en particulier, se trouvait la 60e armée chinoise, les soldats mêmes que j'avais côtoyés et formés pendant deux années en Chine. Nous nous retrouvions, huit ans plus tard, dans un massacre à la fois horrible et absurde.

Dans le monde apparent, nos amis et nos ennemis sont les mêmes – et quelquefois, inutilement, de façon insensée, nous essayons de nous détruire, afin de découvrir que la Vie est éternelle. Comme Arjuna, dans d'atroces combats on me fit pénétrer certains Mystères et j'acquis le sens de l'absurde.

UN  MOT  AUX  AGNOSTIQUES

Il y a peu, j'ai rencontré un jeune homme qui se disait agnostique. Il déclarait : "Je me désintéresse complètement de Dieu. Je n'ai aucune preuve qu'un Dieu existe, et l'idée qu'un Être supérieur veille en permanence sur moi et sur ce monde me paraît plutôt ridicule au regard de la situation du monde. Qui plus est, poursuivit-il, l'hypocrisie éhontée des "religieux" suffit à me soulever le cœur".

Pareille affirmation résume bien l'opinion de nombre de gens frustrés, chez les jeunes comme chez les vieux. "Et encore une chose, ajouta-t-il, comment comprendre quoi que ce soit quand même les chefs religieux les plus âgés, après des années d'études, ne parviennent pas à trouver un terrain d'entente et sont apparemment incapables de résoudre les problèmes du monde ? Tout ça me donne à penser que Dieu est une invention de gens frustrés qui attendent qu'une force qui les dépasse résolve tous leurs problèmes."

À l'heure actuelle, nombreux sont ceux qui partagent cet avis. Les rangs des désenchantés grossissent, surtout parce que les rejoignent en masse tous ceux qui ont été déçus par les organisations religieuses. De plus en plus de fidèles s'interrogent sur le bien-fondé des dogmes de leur confession. Les vieilles idées naguère jugées vérités absolues paraissent à présent insensées, pures superstitions à la lumière de la nouvelle dimension technologique du monde. Pour ces gens, la rupture avec les vieilles conceptions théologiques est rupture avec Dieu. Ils reprennent les arguments présentés contre les anciennes pratiques pour démontrer l'inexistence de ce qu'ils appellent "Dieu"... Il convient de préciser ici que leur argumentation ne touche nullement l'existence de Dieu, mais s'attaque plutôt aux vieilles conceptions de Dieu, aux vieilles idées sur Dieu et aux vieilles pratiques qui, aujourd'hui, envahissent tous les cultes organisés.

Je n'ai pas encore rencontré d'agnostique ou d'athée qui refuse l'existence et la présence de Dieu une fois que nous nous mettons simplement d'accord sur ce qu'est la Réalité.

En général, les athées nient et les agnostiques mettent en doute la réalité de Dieu tel qu'ils Le comprennent et Le définissent. Ils ont parfaitement raison, car Dieu, tel qu'ils Le définissent, ne peut absolument pas exister. Mais Dieu tel que Dieu est, n'est ni mis en doute ni nié par un seul habitant de cette terre, et ne l'a jamais été. Dieu, tel que Dieu est, est accepté sans discussion et même sans résistance par tout un chacun, parce que Dieu est le fondement même de l'être, le fait de l'existence réelle. À vrai dire, Dieu est la Vie elle-même. Montrez-moi un athée qui niera être en vie !

Ceux qui doutent et qui nient jettent forcément des pierres à leurs propres conceptions erronées de Dieu, aux définitions habituelles de Dieu, ou à l'idée généralement acceptée de ce que Dieu peut faire.

Je suis bien d'accord : l'idée qu'on se fait habituellement de Dieu est incorrecte et un tel Dieu n'existe pas – et n'a jamais existé. Mais Dieu, tel que Dieu est, existe bel et bien en tant que Réalité très présente et qu'indéniable fondement de l'Existence. La Vérité, la Réalité, le Fait constant existent. C'est tout ce qui existe véritablement ici même, à cet instant.

L'agnostique ne conteste pas le Fait constant. Il conteste un exposé inexact de ce Fait. Cet exposé erroné n'a pas plus de rapport avec le Fait réel que la fausse équation 2 plus 2 égale 5 n'en a avec la réalité de l'arithmétique.

Il faut être aveugle pour se couper du Fait constant et contester son existence simplement parce qu'un individu ou une organisation affirme une chose inexacte au nom du Fait réel.

La Réalité absolue est le fondement de l'existence des "choses" – et la science est l'étude des "choses". La science montre maintenant de façon remarquable l'unité holistique et l'absolue perfection de l'existence.

Tout le monde, chaque habitant de cette terre sans exception, peut parvenir à une intelligence précise de Dieu ! Comment peut-il en être ainsi ? Parce que DIEU est dénué de toute complication et se comprend aisément !

Quand nous oublions tout ce qu'on raconte sur Dieu et que nous cessons de le prendre aveuglément pour nos propres croyances, Dieu devient remarquablement apparent. Et pourquoi ? Quelle sorte de Dieu Se refuserait à tous ceux qui n'ont pas suffisamment souffert, pas suffisamment étudié, pas cherché assez assidûment, ou pas prié avec assez de ferveur et selon les règles ? Quelle sorte de Dieu priverait de sa présence ceux qui n'ont pas été baptisés d'une façon ou d'une autre, ou n'ont pas adhéré à telle ou telle organisation ? Quelle sorte d'amour se dissimulerait à la moitié de la population du monde parce qu'elle n'est pas chrétienne ou musulmane, parce qu'elle ignore tout de tel arcane, sagesse que nul n'a profanée ? Quelle sorte d'Amour se dérobe à ceux qui ne souscrivent pas à tel ou tel ensemble de dogmes et de croyances, ne pratiquent pas tels ou tels rituels ou cérémonies ?

Eh bien, soyez assurés que Dieu ne se refuse à rien ni à personne. Dieu est ici même, à l'instant même, plus proche que les doigts et les orteils, plus près que la respiration. Il n'y a ni distance ni séparation entre soi-même et Dieu, d'un point de vue mental ou autre. Vous découvrirez que Dieu est tout ce qui est ici, et "tous me connaîtront depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit le Seigneur". La simplicité de Dieu est confondante. C'est précisément cette simplicité que l'intellect humain plein de son importance ne peut voir ni comprendre tandis qu'il avance à grand-peine dans sa jungle de croyances érudites. Que les croyances disparaissent ! Que tout ce qu'"elles affirment" disparaisse ! Laissez tomber les vieilles convictions personnelles, et peu importe que vous y teniez comme à la prunelle de vos yeux. Reprenez au commencement, plongez à l'intérieur du cœur. Alors, quand vous parvenez à votre propre sens de Dieu, vous avez le bonheur de vous apercevoir que vous découvrez du même coup votre propre Identité Réelle et sa simplicité enfantine. De même qu'il est impossible de mettre le principe de l'arithmétique à l'intérieur d'un seul nombre [ou de tous à la fois], il n'est pas vraiment possible d'assujettir cette conscience unique à un seul corps fini.

Le spectacle de l'univers vu par une conscience dotée d'un propriétaire et maintenue en captivité s'appelle l'"expérience humaine", laquelle est un tissu d'embarras sans fin. Pour mettre un terme à ces perplexités, on cesse de se prendre pour un ego distinct qui est conscient. On s'identifie à LA CONSCIENCE ELLE-MÊME. L'individu qui le fait se découvre immanquablement dégagé de toute prison, de toute corruption, de toute entrave, et libre. Il découvre que la seule conscience à l'œuvre est la conscience qu'a Dieu d'être tout ce qu'est Dieu.

Tout le monde, tout habitant de cette terre peut parvenir à une intelligence précise de Dieu ! Comment cela est-il possible ? Parce que Dieu est simple et se comprend aisément ! Quand nous faisons table rase de ce qu'on dit de Dieu et que nous cessons de l'accepter aveuglément et d'en faire nos propres croyances, Dieu devient remarquablement apparent. L'homme admet volontiers que la sphère d'influence de Dieu embrasse l'univers entier. Il reconnaît même intellectuellement que Dieu est partout, mais il n'est pas aussi prompt à admettre que Dieu, Fait constant, Réalité, Principe, est le tout de tout – que Dieu est l'être de l'existence même – que le Principe Divin lui-même est continûment tout ce qui constitue cet univers – que les gens et les choses, en tant qu'objets de perception, ne sont rien en eux-mêmes et par eux-mêmes, mais que Dieu est sans cesse tout ce qui constitue les gens et les choses – que la valeur et l'importance ne résident pas dans l'objet perçu mais en Dieu, Réalité, Fait perpétuel qui est continûment la totalité de l'objet et de la perception de celui-ci.

                                  William Samuel

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